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Publié le lundi 5 mai 2003Lundi 5 mai 2003
J'ai visité cette île du soleil cinq fois, entre 1989 et 1996. J'y ai été pour me reposer, ou pour fuir le froid nordique, mais aussi pour un brin de curiosité pour la culture des caraibes. Aussi n'ayant jamais connu de visu les régimes communistes, j'étais très curieux de connaître de près ce système politique. Havana,Cathédrale Chacune des visites ont été pour moi l'occasion de pénétrer à l'intérieure d'une culture qui se fait apprivoiser facilement. Je vous avoue que dès la première visite je me suis fait séduire par la langue, par la musique et par la culture cubaine en général. Et mes séjours à Varadero, à Cienfuegos et à Trinidad, ainsi que les visites de la Havane, de la baie des cochons, de la Zapata, de l'Escambrai, des plantations de canne à sucre, et finalement, des vacances chez une famille cubaine, ont fini par faire de moi non seulement un admirateur de l'île, mais aussi un assez bon connaisseur de sa culture. J'ai apprécié voir, soit à la Havane, (vieille ville) soit à Cienfuegos ( centre ville) et surtout à Trinidad (déclarée patrimoine de l'humanité par l'UNESCO) cet art coloniale de l'habitat qui peut faire l'orgueil du pays. J'ai apprécié pouvoir pénétrer à l'intérieur du pays pour apprécier la beauté de la végétation tropicale et les habitudes quotidiennes des courageux paysans cubains. Et quand plus tard (1994 et 1996) j'ai été en mesure de parler et lire l'espagnol et me lier d'amitié avec une famille cubaine cultivée, j'ai été initié par eux, (généreusement m'ont transmi un bon nombre de livres et de journaux ) à l'histoire et à la littérature cubaine.
Malheureusement ma rélation d'amour avec Cuba c'est mal terminée. Je vous raconte comment c'est fait l'évolution dans mon esprit et comment elle m' a amené vers l'abandon de l'île. Si j 'ai apprécié vite le climat, les beautés de l'île, la chaleur des gens et leur culture, j'ai aussi tout de suite remarqué que j'étais en visite dans un pays opprimé. En arrivant à l'aéroport j'étais entouré de militaires. Les douaniers ont ouvert méthodiquement les valises. Sur le site balnéaire j'ai appris qu'aucun cubain pouvait pénétrer à l'intérieur de l'hôtel, sinon ceux qui avaient été soigneusement choisis par le parti. En me promenant dans les rues de Varadero j'ai remarqué que les quelques boutiques de la ville étaient completement vides, sans aucun produit sur les étagères. Les jours suivants j'ai observé, ici et là, des files de gens qui avec un livret à la main attendaient pour pouvoir recevoir (une fois par semaine ou une fois par mois, tout dépendant du produit disponible) le pain, le sucre, le café, la viande, le tout selon le nombre de personnes dans la famille et selon les âges des personnes. Les enfants et les vieux étaient les privilégiés de toutes les catégories quant au lait et à la viande. En visitant la ville de la Havane j'ai fait face à des militaires armés à tous les coins de rues et j'ai rencontré partout ces interminables queues de gens qui patiemment attendaient pour avoir le pain de la semaine ou une crême glacée. Chaque matin, de ma chambre d'hotel, je voyais des camions de l'armée russe qui transportaient les travailleurs vers les usines ou vers les champs agricoles; et même les jeunes élèves des écoles, pendant la période de vacances ou des récoltes, étaient recrutés pour les travaux des champs. Le soir les trottoirs de la ville étaient remplies de prostituées qui pour quelques billets verts étaient prêtes à livrer leur corps aux touristes. Trinidad, Plaza Major
Il est vraie que le gouvernement cubain a réussi a donner une éducation poussée à son peuple. Il est vrai que ce même gouvernement a mis en place un système de santé qui pourrait faire notre envie, ouvert à tout le monde. Mais quant au reste ça été l'échec total et c'est le peuple qui en fait les frais. Ce que j'ai observé à Varadero je l'ai observé les années suivantes dans les autres villes. Je dirais même que les choses ont empiré après le départ des Russes . Je me souviens pendant des vacances à Trinidad combien contrastait la beauté de la ville avec la misère du peuple. Je me souviens de ces jeunes cubains endoctrinés par le régime et faisant parti des forces de lutte anti impérialistes qui, au sommet de l'hotel, longuevues en main, surveillaient les mouvements de chaque touriste sur le terrain de l'hôtel. Un jour je visitais Cienfuegos en compagnie d'un ami qui, après quelques arrangements avec des gens du pouvoir, a voulu me faire visiter la maison qui lui était fournie par le gouvernement (extrêmement modeste, croyez-moi). En nous dirigeant de l'hôtel vers la ville, je vis des plantations de manguiers et de bananiers. Je dis tout simplement : "Vous avez des belles plantations dans la région"! Il me répondit : "Tout ce qui est produit dans les champs et dans les vergers est destiné d'abord au touristes et s'ils en reste ça sera offert dans les magasins d'état à la population"! Cette réponse produit un choc terrible dans mon esprit, car je me suis senti comme quelq'un qui vient leur volé le pain sur la table.
C'est lors de ma dernière visite à Cuba, en 1996, que j'ai décidé de rompre avec l'île. La famille avec qui j'avais créé des bons liens d'amitié, insista pour que je passe les vacances chez-eux. J'ai aimé cette semaine auprès d'eux, car j'ai découvert une famille bien soudée et j'ai pu vérifier et admirer leur esprit de courage et de sacrifice. Mais j'ai appris tellement de choses sur le régime que j'en fus bouleversé. Le gouvernement avait fait quelques compromis pour calmer un peu les esprits et susciter des petits espoirs. Il leur permis de pouvoir accéder aux "tiendas" (des Wolmart miniatures), s'ils disposaient de billets verts; il leur permis d'accéder à des petites entreprises familiales à condition qu'ils payent des impots sur les revenus; il tolérait désormais le marché au noir. Mais le régime restait fondamentalement très dur.
Le soir, quand tout le monde se barricade dans leurs demeures, je me suis permis de poser des questions qui me préoccupaient depuis longtemps. C'est dans cette intimité que j'ai appris que mes amis, comme tant d'autres, étaient fatigués du régime. C'est là que j'ai appris que les intellectuels se taisaient par peur; qu'il fallait même se méfier des voisins et des comités de surveillance de cartier si on ne voulait pas êtres percécutés par le parti ou finir en prison; que le parti qui, théoriquement, voulait abolir les classes, en réalité avait créé des classes de favorisés parmi ceux qui le soutenait . Il fallait être bien vus par le parti si on voulait obtenir un travail administratif; il fallait être recommandé par une personne influente dans le parti pour pouvoir être embauché dans l'industrie du tourisme ou l'industrie des billets verts. Il fallait, sur le travail, montrer qu'on était pro actif pour le régime si on ne voulait pas perdre son emploi. En partant de Cuba en 1996 je me suis dit que je n'avais plus à verser un dollar pour ce régime et que même si j'aimais mes amis, je n'encouragerai plus un gouvernement qui opprime son peuple. Les cubains ne sont pas libres. Ils doivent se soumettre, dès la jeune enfance, à la doctrine castriste. Les adultes sont sans cesse endoctrinés dans les comités de cartiers et bombardés par la propagande révolutionnaire; s'ils veulent survivre ils doivent se joindre aux foules et idolâtrer "el comandante". Ceux qui ne sont pas membres en règle du parti sont soupçonnés et tenus à l'oeil; ceux qui ne frequentent pas les réunions de cartier sont sur des listes noirs et ne bénéficient pas des faveurs du parti; chacun, chaque famille est surveillée par ses voisin de sorte que le cubain ne peut se fier à personne, mêmê pas à sa propre parentée. Les intellectuels sont les premiers sur les listes de surveillance, car le parti sait qu'ils sont les plus dangereux pour nuire au pouvoir en place. Il ne faut pas qu'un soupçon pèse sur eux, car ils peuvent facilement être étouffés dans l'expression de leur pensée ou isolés dans les prisons pour le reste de leur vie.
C'est l'histoire qui se répete pour les pauvres cubains. Les Espagnols les premiers les ont soumis à un esclavage brutal, de sorte qu' en quelques dizaines d'années la population authoctone disparait totalement. Ces mêmes Espagnols importent des milliers de noirs d'Afrique et les feront travailler comme esclaves dans les champs de canne à sucre. Les Anglais ont pris la relève des Espagnols après 1762 avec l'occupation de la Havane. Durant onze mois plus de mille navires touchent au port de la Havane, et introduisent plus de dix mille esclaves pour favoriser le développement de l'industrie sucrière. Pendant un siècle les cubains s'organisent et luttent pour se donner un pays et retrouver la liberté et la dignité. Des hommes comme Carlos Emmanuel de Cespedes, Calixto Garcia, José Marti et bien d'autres ont fusionné leur poeple et l'ont préparé à la lutte pour l'indépendence. Mais à la veille de la victoire des révolutionnaires sur les espagnols, les États- Unis interviennent dans la guerre et signent un traité avec l'Espagne qui leur donne le contrôle absolu su Cuba. Pendant cinquante ans l'île verra se succéder gouvernements corrompus et interventions nord-américaine dans le seul but de livrer toujours plus les richesses du pays aux intérêts étrangers. Le 10 mars 1952, le général Fulgenzio Batista instaure une des dictatures des plus cruelles de l'histoire de Cuba. Les forces de libération s'organisent et entre le 26 juillet 1953 et le 1er janvier 1959, avec à leur tête Fidel Castro, réussisent à liberer le pays de la tyrannie. Malheureusement cette libération qui aurait pu être la fin d'un esclavage millénaire s'est avérée comme le début d'un autre esclavage, pire que tous les précédents, car elle prive le cubain de la plus grande richesse, la liberté; liberté de pensée et liberté d'agir.
Je suis rentré au pays en 1996 en me disant que je remettrai les pieds en sol cubain le jour où je verrai les prisons cubaines se vider des prisonniers politiques, le jour où chaque citoyen de l'île pourra gagner son pain comme il le voudra et beneficier des fruits de ses labeurs pour sa famille d'abord, pour sa patrie ensuite.
Routardix
Lundi 5 mai 2003
On dit souvent : « Il faut le voir pour y croire! » Le dicton est vrai pour la beauté de ce territoire
immense qu’est l’Alaska. Nous avons choisi de faire ce voyage avec « Celebrity Cruise » qui nous offrait plusieurs programmes. Et nous avons choisi le suivant , Vancouver -----Anchorage : ![]() Golfe d'Anchorage
Juin 7 Vancouver, B.C. Juin 8 Cruising inside passage. Juin 9 Ketchikan,Alaska. Juin 10 Skagway,Alaska. Juin 11 Juneau, Alaska. Juin 12 Hubbard glacier-crusing. Juin 13 Valdez,Alaska. Juin 13 College Fjord-crusing. Juin 14 Seward,Alaska Juin 14 Anchorage-Vancouver. Les premiers Alaskiens :
C’est au moment des glaciations du Pleistocène, au moment où il s’est fomé un pont de terre, que ces derniers ont pénétré, en vagues successives, sur le continent. Nous connaissons ces groupes que nous identifions aujourd’hui du nom de Tlingits, Athapascans, Eskimo et Aléoutes. Les premiers se sont appropriés la majeure partie du sud-est de l’Alaska; les deuxièmes ont occupé les territoires intérieurs, en grand partie sur le territoire draîné par le Yukon et ses affluents; les Eskimo, eux, ont occupé les zones occidentales et septentrionales de l’Alaska; et finalement les Aléoutes se sont installés le long des iles aléoutiennes. Ces groupes sont encore présents aujourd’hui sur le territoire. Ils essayent de réanimer leurs cultures tout en faisant partie de l’état moderne que devient l’Alaska. On récence en fait sur le territoire 90.000 aborigènes, dont la moitié sont des éskimos. Les premiers blancs qui arrivèrent sur le teriitoire furent les Russes, grâce au services de Vitus Bering (1641-1741), Danois au service de la marine impériale russe. Les militaires russes jouèrent un rôle néfaste sur les populations locales; ils en tuèrent un grand nombre par les armes et les épidémies dues à leur présence. Les américains arrivèrent en Alaska beaucoup plus tard (1799 : première compagnie russo-américaine). Et commencèrent à s’y installer pour de bon après l’achat de l’Alaska par un visionnaire, William H. Seaward (1867), qui l’achetat pour son pays pour la somme dérisoire de 7.2 milions de dollards. Aujourd’hui les américains ont en main le plus grand état de l’union. Ses ricchesse en matières premières sont incalculables; seulement le pétrole constitue une réserve de 9 miliards de barils, ce qui place les USA tout de suite après l’Arabie Saoudite pour les richesses pétrolières. En attendant que l’état se pleuple (actuellement à peine 374.000 habitants, dont 170.000 à Anchorage), les américains l’exploitent à fond par le tourisme. Un nombre incalculable de bateaux croisent les eaux de l’Alaska entre mai et septembre. ![]() Le Summit
Notre voyage.
7 juin : 17.45 : Le Summit décolle du quai de la Place des Nations ponctuel comme un train Suisse pour se diriger vers le passage intérieur.
Nous admirons la ville avec sa couronne de montagnes magnifiques; fotografions le Lyons bridge et regagnons notre chambre. Nous avons été pris en charge , entièrement, en rentrant sur le bateau. Et dans la chambre nous attends le premier journal du jour (The Summit Daily sera chaque soir sur notre lit, en langue française ! ) qui nous fait connaître les membres de l’équipage, les lieux, les services , la sécurité, les excursions et la manière de se les procurer, etc.etc... Rien, absolumment rien, n’est laissé au hazard. 8 juin : Le Passage Intérieur.
Des très bon heure je suis sur le pont, au 11ème niveau. Des passagérs y pratiquent le jogging, la piste étant longue de 300 metres, tandis que moi je m’emerveille devant la beauté de la nature : l’océan et les îles montagneuses dont j’ignore les noms.
Nous sômmes dans le passage intérieur sur lequel nous navigueront toute la journée et les jours qui suivront. Ce lieu magique découvert par le capitaine Vancouver, il y a 200 ans, s’étend sur 1600 km. C’est le recul d’immenses glaciers de la dernière période glaciaire qui couvraient le sud de l’Alaska et de la Colombie Britannique qui donnèrent naissance à cette mer intérieur. Les eaux vertes du Pacifique entrèrent par le nord en couvrant les éspaces libérés par les glaces. Protégé par les îles en pleine mer et tempéré par le Kuroshio (courant chaud japonnais) l’immense dédale de chenaux, des baies calmes , d’îles superbement boisées, invitent les passagers à rester sur les ponts toute la journée. Tout au long de la semaine le Passage nous montrera des chutes vertigineuses à flanc de montagne, des îles peuplés d’ours et de loups, des phoques se reposant au soleil ou jouant dans les eaux froides, des glaciers en perpetuel mouvement depuis des millénaires,et des baleines en pleine migration. Avant 17 heures nous venons de passer l’île de Triple Island où des pilotes américains viennent remplacer les pilotes canadiens pour continuer le périple vers le nord. Sur les 19 heures les rayons du soleil s’éclatent sur les vitres des petits édifices de la dernière ville canadienne sur la côte, Prince Rupert. 9 juin : Ketchikan.
![]() Danse chez les Titlis
Avant 7 heures ce matin je suis encore sur le pont. J’ai l’intention d’être là chaque matin pour
voir s’approcher les lieux de notre prochain éscale. La ville au loin est encore endormie, nichée entre la montagne et la mer. Les Tlingit l’ont appelé Ketchikan, qui veut dire « Les Ailes fracassantes de l’Aigle ». En fait elle s’étale avec la forme exacte d’un aigle en vol. Ketchikan est la ville la plus au sud de l’Alaska. Elle est reliée au reste du pays par la seule voie marittime. Nous craignions la pluie à cet endroit, considéré comme l’endroit le plus pluvieux sur cette côte, mais nous fûmes épargnés; le soleil resplendissait et il nous a accompagné tout au long de notre excursion, à Saxmann Village. Vers les dix heures nous avons été accueillis chalereusement par les Tlingit. Dans une grande spontaneité, habillés de leurs costumes traditionnels, accompagnés de tambours, ils nous ont chanté et mimé une vielle legende Tlingit. Pendant une quinzaine de minutes nous avons vibré avec eux. Je n’ai pu m’empêcher de penser qu’ils avaient été les maîtres d’un immense territoire et qu’ aujourd’hui ils essayent de faire revivre leurs traditions et d’obtenir le statu de citoyens à part entière. 10 juin : Skagway.
![]() Skagway Pass
Skagway : « Terre du Vent du Nord !» Oui, qu’il y en avait du vent dans cette petite ville à notre
arrivée et pendant toute la journée! Nous nous étions préparés à l’avance pour faire à cet endroit un pélérinage, celui de la White Pass. Ces mots doivent vous dire quelque chose. En effet c’est ici qu’en 1896 souffla la rumeur de la presence d’or au Youkon. En moins de deux ans, des dizaines de milliers de prospécteurs affrontèrent ces rudes montagnes pour se rendre vers les mines d’or du Yukon. Les gens, en file indienne, parcoururent 900 km pour rejoindre le Klondike. Des milliers d’ entre eux y perdirent la vie, ainsi que leur peu de biens et leurs chevaux. Notre pélérinage a été plus agréable. Nous avons emprunté un train d’époque(fin du siècle passé), remis en état pour des fins touristiques et sômmes montés jusqu’à 2000 metres à la frontière du Yukon. Quel parcour époustouflant à même les montagnes éscarpées! Il ne faut pas avoir le vertige pour jouir du spectacle. Bien sûr nous aurions voulu avoir un peu plus de temps pour explorer une ville qui possède beaucoup de vestiges de l ‘époque de la ruée vers l’or; mais au moins nous avons satisfait notre rêve. 11juin : Juneau.
Juneau est la capitale politique de l’Alaska. C’est elle qui a fait rêver le plus les américains de
l’époque. Pendant les années 1880 la découverte de l’or fut sì abondante que beaucoup d’amé- ricains finirent par se convaincre que Seaward avait fait une excellente affaire en achetant l’Alaska des Russes. Aujourd’hui Juneau vit surtout grâce à la présence du gouvernement et des pêcheries. Ayant plus de temps à notre disposition, nous sômmes allé voir les baleine à quelques kilometres de la ville et l’après –midi nous avons visité le musée d’éthnologie. Nous avons été enchantés par la visite du musée. Pour avoir une idée global de la culture des peuples qui ont habité l’Alaska il faut visiter ce musée. Ce ici que l’on comprends leur environnement, leurs moeurs, et leur culture. 12 juin : Hubard Glacier.
![]() Glacier Hubbard
Aujourd’hui nous ne déscedrons pas à terre, mais le clou de la journée sera le glacier Hubbard.
Je monte sur le 11ème pont comme tous les matins; et je m’aperçois que l’horizon est plus vaste que d’habitude et la température est littéralement plus froide. Nous nous dirigeons tout droit vers le fond d’une profonde et vaste baie où j’aperçois une chaîne de montagnes enneigées. Hubbard glacier est un glacier qui a survaicu à la dernière « mini époque glacière ». Ce colosse s’étends sur près de 150 km depuis le centre du St Elias National Park, jusqu’à la pointe de Yakutat Bay. Il avance lentement jusqu’au bord de l’océan sur une largeur de 10 km et une hauteur de 90 mètres. Après 9.30 nous nous apercevons que les rivages retressissent progressivement, bien que nous ayons encore deux heures avant que le Summit vienne s’installer devant le glacier. Les passagers se font de plus en plus nombreux sur les ponts et en particulier sur le onzième. Nous revêtons à notre tour du linge d’hiver et nous admirons le paysage. L’océan se couvre de plus en plus de glaces flottantes, parmi les glaces les phoques semblent s’ammuser et jouer à câche câche avec d’autres congénères, l’ours noir fait ses provisions sur le bord d’un cric poissoneux, tandis que des oiseaux marins, les cormorans, les mouettes plongent et replongent dans les eaux glacées à la recherche de poissons très abondants dans ces lieux. Pendant que nous savourons un bon café chaud arrosé abondamment de Cognac et Zia Maria, nous avons de la difficulté à nous détacher de la beauté unique des lieux. Vers les 15 heures le spectacle est déjà terminé; le Summit se dirige vers Valdez à 253 milles marins devant nous. 13 juin : Valdez et College Fjord.
Cette petite ville d’Alaska porte le nom d’un explorateur espagnol qui avait découvert le lieu
en l’an 1798. Elle fut à partir de 1898 le point de départ des chercheurs d’or qui se dirigaient vers Fairbanks et qui lui permirent une certaine prospérité. Nous avons fait un tour dans la petite localité qui en réalité à peu de choses à offrir. Elle respire la jeunesse, car suite au tremblement de terre du 27 mars 1964 (8.5 sur l’échelle de Richter), l’ancienne Valdez fut totalement emportée par un raz-de-marée; les habitants l’ont réconstruite six km plus loin, en un lieu sûr. Ce qui fait aujourd’hui la célébrité de cette petite ville, c’est qu’elle est devenue le port de mer le plus important du pétrole alaskien de l’artique. Sur 1300 km un pipeline qui traverse trois chaînes de montagnes, ammène à bon port l’or noir du grand nord. Le port étant praticable à l’année longue permet aux pétroliers de venir faire le plein et repartir vers les lontains états du sud. Mais l’après-midi devait finir par un spectacle impréssionant. Entre 16 et 19 heures nous avons
navigué dans un fjord qui aboutissait au milieu de nombreux glaciers, les 26 glaciers du College Fjord. Chacun porte le nom d’un college américain de l’est des Étas Unis. C’est inimmaginable de voir toute cette glace déboucher sur la mer et surtout impréssionant , puisque nous pouvions les observer à quelques centaine de mètres du navire. 14 juin : Seward-Anchorage.
C’est ici que s’ achevait notre voyage. Le matin du 14 nous avons abandonné, à regret, le navire
pour un voyage, en autobus, entre Seward et Anchorage. Cela nous a permit d’observer de près les forêts, les lacs, les rivières et surtout admirer ces montagnes qui en Alaska ne nous quittent jamais. Notre mémoire commençais déjà à nous renvoyer mille images. Nous venions en fait de vivre une expérience que je définirais de grandiose à l’image du pays lui –même. ![]() Soleil de minuit
Routardix
Lundi 5 mai 2003
![]() Hammamet, C. Culturel G. Sebastian
C’est le goût de l’exotisme qui m’a amené vers la Tunisie.
Je ne connaissais rien de ce pays avant mon voyage, sinon que c’était une bande de terre étroite entre l’Algérie et la Lybie et agréable pour son climat hivernal. Mais en me préparant au voyage j’ai découvert non seulement que je ne m’étais pas trompé, mais que ce pays m’offrirait un grand nombre de surprises culturelles. Son passé prend racine dans la préhistoire (7000 –4500 a.J.C.).
Mais ce que nous connaissons mieux ce sont les périodes puniques et romaines. L’expansion de Carthage ( punique : peuple carthaginois; entre les VIIIè et IIè siècles av. J.C.) fut tellement grande que nous pouvons dire que pendant des siècles la Méditerranée appartenait aux Carthaginois.
Mais au moment où Carthage décida de s’attaquer aux intérêts romains, ce fut sa fin. En 44 ap. J.C., César décida d’en faire une colonie. De sorte qu’à travers la province se propage (IIè et IIIè s.) le modèle municipale romain, qui jouera un rôle intégrateur fondamental. ![]() El Jem, Colisée Romain
À partir de 670 l’empire arabo - musulman deviendra la puissance
politique et économique de la région, de sorte que se suivront, les unes après les autres, les dynasties des Aghlabides, des Fatimides et des Zirides,des Almohades et des Hafsides, jusqu’aux Turques (empire ottoman: 1574-1705). Les européens mirent à nouveau pied en Tunisie suite au congrès de Berlin (1878) qui permit à la France d’occuper le territoire tunisien. Mais cette occupation fut de brève durée, puisque en 1954 Mendés France lui redonna son autonomie.
Aujourd’hui beaucoup de sites archéologiques témoignent de cette longue histoire.
Sites punique à visiter : Carthage, Bizerte, Utique, Keirouan, Sousse, Maktar, etc.... Site romains à visiter : Carthage, Utique, Bizerte, Thuburbo Majus, Sbeitla, El Gem, Sousse, etc..... TUNIS : Après une brève visite de la ville moderne (Cathédrale
St. Louis, boulevard de Paris, Palais néo-coloniaux), il faut pénétrer dans la médina pour sentir le passé et le présent. Le musée du Bardo est le clou de Tunis. Ce musée contient les plus belles collections de mosaiques romaines au monde. CARTHAGE : Le site archéologique de Carthage est un lieu
plein d’histoire, chaque pierre mérite une lecture attentive; il faut prendre son temps pour sentir l'atmosphère que s'y dégage. ![]() Sidi Bou Said
SIDI ABOU SAID : Un village non loin de Carthage, typiquement
Tunisien. Le plus pur et le plus beau village tunisien. Les occidentaux savent peu que ces ruelles montantes, ces villas closes, sont le décor d’un mysticisme fervent, celui de l’islam maghrébin (Sidi Abou Said : un saint mussulman). Il faut admirer l’architecture et prendre un thé au café Des Nattes. KAIROUAN : C’est la ville sainte de la Tunisie. La visite de deux
lieux s’impose, la mosquée du Barbier et la grande mosquée, l’une parce que sanctuaire d’un vénérable musulman ( admirer la décoration des lieux), l’autre à cause de son architecture unique. SBEITLA : Voilà un des site archéologiques romain magnifique. La ville est à dimension humaine, mais authentiquement romaine. TOZEUR : La lumière en Tunisie est extraordinaire, mais à
Tozeur elle devient spectaculaire. La ville est à l’orée du désert et donc le bleu du ciel et le jaune pâle du sable donnent à la lumière un trait de finesse qu’invite à la contemplation. Et puis la petite ville elle-même affiche une architecture à râvir. Le "Patient anglais"a été tourné dans cette ville. NAFTA : Une oasis à visiter pour tout savoir sur la culture des
dattes. CHOTT EL JERID : Un lac salé en pleine zone désertique
contenant à peine quelques pieds d’eau. Mais le paysage y est tellement beau! C’est l’endroit des mirages!!! MATMATA : La région devient montagneuse, et dénudée; son décor est tout désigné pour la réalisation de films; à preuve le tournage de « La guerre des étoiles ». Mais tout à coup l’on découvre un site surprenant où l’essentiel de l’habitat est enfoui sous terre, creusé dans des roches tendres ( troglodytes) .
JERBA : La plus belle île de Tunisie, la plus clémente aussi pour
les touristes. Elle a sa propre histoire. Elle vaut la peine d’être visitée pour son artisanat , ses mosquées et la synagogue juive. EL JEM : Un autre sanctuaire romain. Le Colisée est l’attraction
principale. Le climat a fait que ce monument colossal (le 3ème plus gros après celui de Rome; 27.000 spectateurs) est l’un des mieux conservé du genre. ![]() Douz,à la porte du Sahara
MONASTIR : Lieu de « culte » d’un personnage important de
l’histoire moderne tunisienne; le politicien, créateur de la Tunisie moderne, Abib Bourguiba . HAMMAMETH : Ville essentiellement balnéaire, où le touriste
trouvera les services très modernes. Mais le culturel y occupe une place importante, comme le « Centre Culturel Georges Sabastian », duquel le Corbusier disait :"Être la quintessence de la beauté". Mais il faut ajouter au culturel la Medina, l'architecture à travers la ville, ainsi que les expositions artistiques.
Mon séjour en Tunisie a été des plus enrechissant. En plus
des plaisirs retirés, le voyage m'a donné l'occasion de côtoyer plusieurs périodes de l’histoire méditerranéenne; et surtout une meilleure compréhension du monde arabe. Routardix
2 Commentaires : Commentaire écrit le dimanche 21 novembre 2004 à 17:56:23 (lien) celine avant d'y allé cet été j'appréhender car je penser ke ca aller être difficil à vivre, je penser ke c'était pauvre mais au contraire les gens vivent très bien, il fait bon, les plages sont magnifik, les gens acceuillants, on trouvent pratikement tout ce dont on a besoin...ya mm une patinoire à hammamet et des parks d'attractions réussi comme "carthageland". pour ceux ki ne connaissent pas ce pays je vous le conseil, ce fut un voyage enrichissant! Commentaire écrit le mardi 27 avril 2004 à 14:12:52 (lien) juju je suis déja allée en Tunisie et c'est un très beau pays. Il y fait chaud et le paysage est magnifique. Je suis allée au NORD et au SUD. Ajouter un commentaire Lundi 5 mai 2003
Nous arrivions des Alpes Italiennes où nous avions passé une quinzaine de jours splendides et l’île d’Irlande nous accueillait, au coucher du soleil, par quelques averses éparses, une pluie chaude, le baptême de tous les touristes qui veulent l’apprécier.
Malahide, mer d'Irlande La Verte C’était le mois d’août, mais quel contraste avec les autres pays de l’Europe en cette période. En Irlande tout est vert; mais quels verts, des plus foncés aux plus tendres, que seul l’œil d’un artiste avisé peut rendre fidèlement! Le printemps s’installe en Irlande pour 12 mois, grâce aux pluies fréquentes et le soleil qui n’est jamais agressant. Nos déplacements dans Dublin et dans les régions su Sud est, de Cork, du Bas Shanon et du Centre, nous ont fasciné par leurs couleurs vertes, jamais pareils. La ville de Dublin affiche partout de la verdure, rehaussée par les fleurs. Que l’on se promène le long du fleuve Liffey ou des canaux (Grand Canal, Royal Canal), que l’on visite Trinity College, St. Patrik Church, le Musée National, le Château de Dublin, le Musée des Écrivains, on longe et traverse des parcs, sans compter l’interminable Phoenix Park et l’incomparable jardin botanique.
Jardin Botanique: nuniphares géantes Notre émerveillement fut encore plus grand lors des visite à l’extérieur de Dublin. Lors de la visite du village de Malahide, le vert tendre des îles rendait vert les eaux de la mer d’Irlande. Le jour d’une excursion à Newgrange, site préhistorique par excellence, les douces collines baignées par la Boyle, lieu de la bataille de 1690 entre catholiques et protestants qui donna Irlande à ces derniers, le paysage bucolique atténuait le souvenir de cette terrible tragédie.
Site préhistorique: Newgrange Parfois la main de l’homme vient rehausser la beauté de la nature. C’est le cas à Powers Court, résidence princière du XVIII siècle, où l’œil est fasciné et par les jardins style renaissance et par le mont Great Sugar Loaf qui dévoile sa nudité à peine voilée par son habillé vert transparent.
Powers Court Mais le vert devient couleur majestueuse quand on se transporte aux sommets vertigineux ( 200 m.) des Cliffs de Moher (Bas Shanon), là où l’eau, le vent et les vagues de l’Atlantique ont sculpté sur 8 km des falaises de grès et de schiste noir. C’est d’une beauté tout simplement à faire pleurer!
Cliffs de Moher La Rouge Tout comme vous, peut- être, je connaissais peu de l’histoire de cette Île. C’est en me préparant au voyage et surtout sur les lieux que j’ai découvert la tragédie qui s’est abattue pendant des siècles sur l ‘île et sur son peuple. Passons sur la période préhistorique (4000 a.c.) que l’on commence à peine à découvrir. Déjà les Celtes qui habitaient l’île étaient des peuples belliqueux. Convertis au christianisme (432 St. Patrik) les nombreux rois de l’île se déchirèrent pour s’assurer la plus grande partie du territoire. Entre le Vème et le IXème siècle l’île a joui d’une paix relative grâce à la présence des monastères chrétiens. Mais l’arrivée des Vikings connue le massacre des moines et des chrétiens. Les nouveaux venus firent reculer la civilisation de plusieurs siècles.
Glengalouhg Mais le coup de semonce qui détruit et soumis l’Irlande fut donné par les anglo-normands d’abord (1619) et l’Angleterre d’Henry VIII ensuite (1690). Les Anglais protestants affrontèrent les Irlandais catholiques de souche : ce fut le désastre et l’esclavage! Les terres furent confisquées et données aux protestants écossais et anglais. Mais surtout les lois furent tellement répressives que les Irlandais perdirent toute liberté. En 1825 la famine se mit de la partie : plus d’un million d’Irlandais moururent ou durent émigrer. C’est seulement après la famine que les Irlandais décidèrent de retrouver leur autonomie. Des luttes sanglantes s’en suivirent quand finalement en 1937 le sud devint l’Êtat libre d’Irlande et l’Irlande du Nord resta attachée au Royaume Uni. Le reste de l’histoire contemporaine de l’Irlande vous la connaissez. La lutte continue. Et il faut être en Irlande quelques semaines pour vivre la présence des tensions. Oui, l’Irlande elle est aussi rouge à cause de sa tragique histoire. Quand on visite le pays, les traces des guerres évoquent les tragédies du passé. Nous avons visité des église détruites ou volées aux catholiques ( à Dublin, à Cork, à Waterford), nous avons vu les monastères et les cimetières détruits et profanés par les protestants (Glengalogh, Howrth) le long des routes de l’Irlande. Aujourd’hui il y a un espoir que la paix soit faite entre les deux Irlande, entre les catholiques et les protestants. Et le fait que maintenant elle fasse partie de l’ Union Européenne facilitera, peut-être, le retour à la paix. Nous sommes revenus de ce voyage heureux d’avoir connu ce pays qui nous rappelle que si l’harmonie de la nature est une chose acquise, celle des hommes est toujours à reconstruire.
Malahide Village
Dublin: La Luffey
Routardix
Lundi 5 mai 2003
Huit heures trente. Notre avion approche du territoire italien et le ciel est sans nuages, de sorte que nous prenions plaisir à voir arriver la couronne des alpes. Huit heures trente cinq. Le capitaine du vol annonce au micro: " Nous invitons les passagers a admirer le Mont Blanc et les autres massifs, Mont Cervin, Mont Rosa.
![]() Alpes
Deux heures plus tard, après avoir traversé la plaine du Po, nous faisions face à un barrage de montagne: c'étaient les prealpes. La route retrecie et nous voilà dans la gorge qui nous ouvrira la première porte de la Vallée d'Aoste, La Doire.
Comme les romains qui ont eu à domestiquer ces gorges pour ensuite aller explorer un passage à trois et quatre mile metres d'hauteur, nous nous sentions tout petits et inconfortables. Mais nous nous réconfortions facilement en sachant que pendant deux mille ans les hommes qui ont vécus dans ces montagnes ont tout doméstiqué avec des routes, des tunnels, des sentiers d'alpages, et des téléfériques. Nous n'aurions que du plaisir!
Nous ne connaissions la Vallée d'Aoste que de nom. Elle est la plus petite province d'Italie, avec à peine 130.000 habitants, dont le centre administratif est Aosta (40.000). Mais sa taille prends une grandeur insoupçonnée par les merveilles qu'elle recèle: les merveilles des glaciers, des neiges étérnelles, des alpages, des fleurs et des roches. Les massifs de la régions ont créé une espèce de complicité avec leur environnement; ils emblent presque vouloir proteger leur beauté , et ils imposent au visiteur, avant de se laisser admirer, d'apprivoiser d'abord la beauté de la douzaine de vallées latérales à la Doire ( La Greyssoney, La Valtourmanche, La Valpelline, La Champorcher, La By, celle du Grand St. Bernard, etc...).
À la beauté architecturale de la nature - l'élégant Cervin par exemple- s'ajoutent les beautés architecturales crées par les hommes à travers les siècles, que ce soit les romains, les princes du moyen-âge ou tout simplement l'architecture de la civilisation paysanne des montagnards. Suivez nous dans quelques unes de nos découvertes. Sur les traces des romains:
![]() Pont Romain (St Martin)
Quel peuple de civilisateurs! Nous les avions rencontrés déjà en Tunisie, au Maroc, en Turquie, en Engleterre, en Autriche, en Grece. Et les voilà encore au pied des alpes. Les archéologues ont suivi leurs déplacements dans toute la région et ils nous offrent en admiration des tranches de route (exemple à Donnas), des arcs de triomphe (à Aoste), des ponts (à Aoste et à St. Martin). Ce dernier est celui qui s'est le mieux conservé. Non seulement il est mis en relief à cause de son environnement, la montagne et la Lys vertigineuse, mais surtout par la perfection de son architecture. Et que dire des restes d'Aoste (tête de pont des conquêtes transalpines) ! On y retrouve la réplique, en plus petit, des monuments romains : arc de tiomphe, forum, théatre; là aussi les romains y sont restés fidèles à leur culture de civilisateurs en y imposant une nouvelle civilisation, celle du droit, de la paix et de la culture.
Sur les traces des princes:
![]() Forteresse de Bar
La famille de Savoie a gouverné la région depuis 1191. Elle avait ses representants tout le long de la Doire Baltée, dont les plus célèbres furent ceux de la famille Galant. Une vingtaine de chateaux longent la Doire, juchés sur des promontoires; ils servaient tout simplement de lieu de contrôle et douâne pour ceux qui faisaient le commenrce entre l'Italie et la France. Cette route des commerçants italiens et français longeait souvent la via romana; on l'appelait la "via francigena".
Nous nous sommes contentés de visiter deux de ces chateaux, celui de Verres et celui de Fenis et les deux nous ont plongés littéralement dans la vie du moyen-âge, tellement tout est intact à l'extérieur et à l'intérieur. On y voit comment vivaient ces petits princes régionaux ainsi que leurs familles; on peut y reconstituer la vie des soldats, des serviteurs et des vassals; en un mot, c'est un retour à la vie périlleuse et tourmentée du moyen-âge.
Les vertiges de la montagne!
Un beau matin, nous décidâmes d'atteindre le Mont Rosa par la vallée de Gréssoney. Nous quittâmes Donnas et ses vignobles accrochés, en terasses, aux parois de la montagne. Les montagnes en face de nous se dréssaient majestueuses et nous lancaient le défi de l'ascension . Nous sortons de Pont St. Martin et brusquement la route grimpe, sinueuse. Chaque tournant nous révèle un nouveau paysage. Je voudrais m'arrêter aux cinq minutes pour immortaliser des images, mais impossible; il n'y a pas d'espace pour arrêter et la route tourne, tourne.....; il y a de quoi avoir du vertige, puisque à droite je suis coincé par la parois verticale et à gauche c'est le vide. Il faut donc continuer, et imprimer la beautée des lieux dans ma mémoire.
Les villages séculaires de ces montagnes défilent lentement, Lilianes, Fontainemore,Gaby, Issime. Je fais attention pour ne pas froler les murs des maisons, tellement la route est étroite dans les villages. Issime, situé dans une cuvette, nous offre de la place et nous arrêtons. C'est la fin de la messe et il y a aussi la presence de touristes, de sorte que la place publique est animée.
Spontanément nous nous dirigeons vers l'église et nous admirons ce qui s'offre à nos yeux: d'abord les fresques de la facade qui representent le jugement dernier (c'est dantesque!) , ensuite un magnifique maître autel de style gothique en bois polychrome; et une fois encore à l'extérieur nous nous attardons à admirer les mystères du rosaire protégés par une "loggia". Tout cela semble irréel et pourtant toute une page d'histoire reflète la foi et la vie d'un peuple de montagne. Une demie heure après, nous reprenons la route; ils nous reste une quinzaine de kilomètres avant le mont Rosa. Finalement il se revèle à nous, juste à l'entrée de Gressoney St Jean. Devant nous un village à l'architecture typiquement allemande
( fondateurs les Valzer de langue allemande ) et au fond une muraille très vaste, anneigée, resplendissante au soleil : le mont Rosa. J'ai immortalisé ce moment magnifique, avant même de monter au sommet (4634m). ![]() Mont Rosa,Gressoney
Dans les cabines téléphériques qui grimpaient silencieusement nous admirions la beauté de la vallée, les cimes anneigées, les troupeaux de bovins et les mansardes des bergers qui les accompagnent, quatre cinq mois de temps, en se déplacant entre deux mille et deux mille cinquecent mètres.
Mais la montagne impose ses règles! Entre le moment de notre arrivée et notre ascension (deux heures à peu près) elle a changé d'humeur. Elle s'est abrillée de nuages très denses, et elle a refroidi les vents qui ont commencé à soufler. Nous ne voyons plus rien à cent mètres. Nos têtes sont dans le brouillard et nos pieds dans la neige. Nous avons connu le mont Rosa à son naturel. Le sommet des sommets éuropéens.
![]() Mont Blanc
Le clou de notre voyage ce fut le mont Blanc (4810). J'avais fait ma première connaisance avec lui en 1987 en y accédant par le côté français, en partant de Chamonix. Cette fois ci nous l'abordions par Courmayeur, ville touristique par excellence.
Son acces est facile, il n'y a pas des routes de montagnes à parcourir, sinon les peu de kilomètres entre Courmayeur et La Palud, d'où on accede facilement au premier téléphérique. C'est le départ pour une première étape, le mont Frety. À 2180 metres nous admirons avant tout Courmayeur et les vallées environnantes, mais nous sômmes préssés pour nous diriger vers un endroit unique, le Jardin Botanique Alpin le plus haut au monde (Le Saussurea). Les spécialistes n'ont fait qu'exploiter un site extraordinaire, identifier les espèces et les proteger. Jamais un picnic ne fut aussi bon comme ce jour là, au milieu d'une nature qui ne demandait que de se faire admirer. Après le dinner, nous abordâmes la deuxième étape pour atteindre la pointe Helbronner (3462 metres) qui fait face à la parois est du Mont Blanc. À cette altitude l'oeil à devant lui un horizon immense et il embrasse L'Aiguille Blanche, La dent du Géant, les grandes Jorasses et mille autres tours granitiques aux couleurs et aux forme diverses. ![]() Mont Cervino
À cet endroit on a plus envie de partir. Et pourtant il a fallu faire les adieux, en jettant un dernier regard sur un univers qui viendra, de sa propre initiative, nous visiter intérieurement au moment où nous nous l'attendons le moins pour nous rappeller la grande intimité que nous avons établie -pendat quelques heures- entre nous.
Routardix
2 Commentaires : Commentaire écrit le jeudi 22 avril 2004 à 08:36:16 (lien) Sarah Gutknecht Mais kes kon smarre bien en OC3 Commentaire écrit le jeudi 22 avril 2004 à 08:35:07 (lien) Giuseppe COOL! Ajouter un commentaire Lundi 5 mai 2003
S'il y a un voyage dont je peux parler comme d'un retour aux sources, c'est mon voyage en Grèce. Ce pays m'était familier, même si je n'avais jamais eu l'occasion de le visiter. Pendant deux ans, j'ai pu me familiariser avec sa langue ancienne et sa littérature, comme avec son histoire. C'était au temps de mes études classiques. Puis vint l’époque des cours de philosophie et là, ce fut la rencontre avec les penseurs et les philosophes grecs. De sorte qu'à la fin de mes études, je me voyais marqué par cette culture qui avait influencé le monde romain et le monde occidental. En préparant ce voyage, je me souciais donc de me mettre dans l'esprit de quelqu'un qui veut reconnaître des lieux, revivre des épopées, rencontrer des personnages que ce soit à Athènes, dans les îles ou sur les routes du Péloponnèse. Le jour du départ, j'étais prêt et pendant tout le voyage j'ai gardé à l'esprit les mots du poète : "Quand tu feras voile pour Ithaque forme le vœu que le chemin soit long, plein d'aventures, plein d'expériences. Les Lestrygons et les Cyclopes le furieux Poséidon, ne les crains pas, tu ne trouveras pas de choses pareilles sur la route si ta pensée reste élevée, si une délicate émotion anime ton esprit et ton corps. Les Lestrycons et les Cyclopes, le farouche Poséidon, tu ne les verras pas si tu ne les portes pas dans ton âme, si ton âme ne les dresse pas devant toi. (Constantin Cavafy, Ithaque)
Parthénon Il n'est pas facile de reconnaître la ville mycénienne ou les traces des Doriens qui fondèrent la ville. Mais il suffit de s'arrêter dans une coin des jardins de la ville, à l'ombre du Parthénon ou d'un monument romain et repenser à toutes les luttes, six siècles durant, affrontées par ses citoyens pour l'amener à son apogée. Elle a réussi un miracle en devenant le centre artistique, philosophique, commercial et industriel de la Méditerranée, fédérant le monde grec sur les deux rives de la mer Égée. Si toutefois, à partir des dynasties monarchiques jusqu'à l'invasion des Goths, elle perdit de son éclat, sa pensée resta un phare pour le monde romain et occidental. Je suis monté comme en pèlerinage sur la Iera Odos (la voie sacrée) pour me rendre à l'Acropole. Le temple est colossal, mais ce qui nous laisse figés, c'est la pureté du style, la beauté des colonnes et des frises, ainsi que la splendeur du marbre à la lumière du soleil attique. Les contemporains de Périclès qui l'accusaient de vouloir, avec ce monument, parer la ville comme une prostituée, étaient ou jaloux ou ignorants. Juste à côté se trouve l'Érechthéion, un élégant sanctuaire à l'architecture complexe, dédié à des cultes primitifs de l'âge de bronze. Les caryatides d'origine qui supportaient un portique marquant l'emplacement du palais du roi Cécrops, ont été remplacées par des copies pour prévenir tout dommage provoqué par le nefos (pollution). Dans l'un et l'autre temple, il y avait des statues colossales de la déesse Athéna, malheureusement disparues au temps des conquêtes. Après avoir contemplé tour à tour les Propylées et l'Athéna Niké (400 av J.C.) on entre dans le musée de l'Acropole et on reste subjugués par la beauté féminine des caryatides (originales) et la superbe collection des Korês, le symbole le plus pur de l'art préclassique. Athènes abrite aussi l'Agora, l'arène politique de la cité antique, le Théiseion, le théâtre de Dionysos où étaient jouées les pièces d'Eschyle, de Sophocle, d'Euripide et d'Aristophane. Athènes est aussi le centre de beaux souvenirs romains, comme l'arc d'Hadrien, le temple de Zeus Olympien, la Tour des vents et mille autres représentations du monde romain et byzantin. Enfin, pour pénétrer un peu plus loin dans les souvenirs de l'histoire et de la culture grecque ancienne, il me restait la visite du Musée archéologique national. Les objets exposés font comprendre les diverses périodes de l'histoire de l'art grec, mais en même temps ils nous familiarisent avec la vie quotidienne du peuple hellène. Les archéologues, pendant un siècle de fouilles, ont ramené à la vie toute une civilisation.
Mykonos 1425 îles nées de la rencontre de la mer avec la montagne font partie du territoire grec. Elles constituent la partie visible de la chaîne montagneuse à présent submergée. Seulement un dixième d'entre elles sont habitées et chacune se distingue par une architecture, des costumes et un dialecte particuliers. La mer ne réussit pas à les séparer tant la vie sociale et économique des insulaires y est intense. Ma première destination était les Cyclades, Mykonos et Pathmos. On dit des Cyclades qu'elles sont la quintessence des îles grecques et qu'elles incarnent l'idéal type de la Grèce: du bleu et du blanc partout. Selon la légende, ces 39 îles portent le nom de ces nymphes qui furent transformées en rocher pour avoir refusé d'offrir un sacrifice à Poséidon. Mais en vérité, elles doivent ce nom au cercle qu'elles forment autour de l'île sacrée de Délos. Leur histoire s'étend sur 5000 ans. Le musée Goulandris d'Athènes nous donne une idée de leur civilisation, dont l'apogée se situe durant l'âge du bronze (2800-1100 av J.C.). Pathmos Le navire de croisière m'a amené sur une deuxième île : Pathmos. Si Délos, l'île sanctuaire des Cyclades était le lieu le plus sacré pour les anciens Grecs, son alter ego, chrétien et orthodoxe est sans contexte Pathmos. On raconte que saint Jean l'Évangéliste y séjourna et y écrivit le livre de l'Apocalypse. Depuis l'empire byzantin, un monastère fut construit pour vénérer le saint. Aujourd'hui, Pathmos est un centre de pèlerinage et d'étude de théologie pour la communauté orthodoxe.
Rhodes Le Péloponnèse La dernière étape de mon périple en Grèce devait être un bref tracé historique du Péloponnèse. J'avais choisi, en repassant par Athènes, de traverser le canal de Corinthe, me diriger vers Épidaure et Mycènes, de traverser le golfe de Corinthe pour rejoindre les sanctuaires de Delphes et des Météores. Je me suis contenté d'entrevoir l'Acrocorinthe, l'ancienne ville forteresse de Corinthe, dont nous connaissons la célébrité seulement par les documents d'historiens ; elle fut rasée par les Romains en 146 av. J. C. C’est là que j’ai effectué mon premier arrêt à Épidaure.
Théatre d'Épidaure Nous venions à peine de traverser la courte chaîne de l'Arachnéon quand nous nous retrouvâmes soudain au pied du plus célèbre théâtre du monde. Son architecture et son acoustique n'ont jamais été égalées. En fait, il reste un symbole pour tous les artistes dramatiques du monde. Mais ce qui est le plus impressionnant, c'est cette aura mystique propre aux lieux sacrés qui se dégage de l'endroit. La présence apaisante d'Asclépios, le fils médecin d'Apollon, dont le sanctuaire est à proximité, plane toujours sur les ruines. Dans les premières heures de l'après-midi, j'étais devant les ruines de Mycènes. Les habitants y avaient construit une ville fortifiée entourée de murs cyclopéens. En traversant la porte des lions ou en rentrant dans le tombeau d'Agamemnon ou encore en regardant les ruines de l'endroit, on respire la tragédie. Est-ce le souvenir de la rude Clytemnestre qui fit assassiner son mari Agamemnon à son retour de Troie? Le lendemain, je me suis retrouvé à un endroit plus serein, apaisant: Delphes. D'abord le décor est majestueux, à cause des montagnes, des vallées et de la végétation. Ensuite le site s'impose par le nombre, la beauté et la diversité des monuments et à cause de son histoire, d'emblée placée sous le signe de la violence, puisque Apollon s'empara du sanctuaire en tuant le Phyton qui y était vénéré. C'est dans ce sanctuaire que l'oracle influençait le sort politique, économique et guerrier des peuples des cités de la Grèce antique. C'est un endroit que l'on quitte avec regret. Ultime étape, les Météores. En venant de Trikala, située dans la plaine, soudain, après un virage, surgissent 24 formations rocheuses dressées vers le ciel. On reste comme de pierre tellement le spectacle est d'une force impressionnante. En s'y approchant, une autre surprise nous émerveille. Sur chaque rocher, des moines ermites y ont construit des monastères. Les falaises sont tellement à la verticale qu'on se demande comment ces moines ont fait pour réaliser des constructions aussi imposantes. Ils s'appellent Haghios NIcolaos, Haghios Varlaam, Haghia Trias, Haghios Stéphanos et tous nous parlent de la foi de ces religieux qui ont implanté et prêché le christianisme dans la Grèce profondément païenne. Voilà des hommes qui sur terre ont essayé, en milieu hostile, dans la solitude et la prière, de s'approcher du ciel.
Météores Mon rêve finissait ici . Au retour, j'étais extrêmement heureux d'avoir retrouvé un passé qui m'était si cher.Routardix Lundi 5 mai 2003
Deux grands clans composent la tribu, chacun gouverné par un grand chef. Le clan, c’est la grande famille à l’intérieur de laquelle se retrouvent les cellules familiales des hameaux. La famille est partie constituante du clan et elle déborde des rôles qui sont propres à notre civilisation. Étant donné que le mariage institutionnel est la polygamie, la famille est plus grande et le cercle des relations plus vastes. Les anciens choisissent le chef du clan, les chefs de chaque hameau et ils règnent en patriarches et en sages sur chaque famille pour protéger les lois et la tradition. Les anciens exercent d’autres fonctions, comme celle de "chef de la terre"(Sama Andagada), de "la pluie" (Sama Ge Alona), des "initiations" (Sama Lebeda). Les Anciens président à la vie quotidienne : ils donnent le nom aux nouveaux-nés, choisissent les époux, règlent les palabres familiales, jugent les coupables, président aux initiations, discutent les dots, participent aux sacrifices, décident des honneurs à accorder aux défunts, recourent aux devins, etc.
Residence familiale:Cases Notion du temps : Les Marbas ne connaissent ni le quartz, ni les piles chimiques, ni les balanciers, ni les cadrans solaires. Pour les Marbas, le temps ce sont les événements, les saisons (sèche et mousson), les lunes, les jours et les nuits qui se suivent depuis des millénaires et que les Anciens racontent (tradition orale). Les événements deviennent des faits de référence pour se souvenir. Les saisons imposent à la tribu des travaux de subsistance (mousson : culture de riz, millet, igname, etc.) et des travaux d’organisation familiale ( saison sèche : construction de cases, fabrication de sekos, etc.). Les lunes sont l’horloge qui rappelle les faits ainsi que le font les événements. Le "chef de la terre" les compte pour annoncer à la population quand commencer les fêtes de la moisson ou les travaux des champs. Les Anciens dans les familles comptent les lunes pour garder vivante l’histoire de la famille. Les jours appartiennent aux vivants, les nuits aux défunts et aux sorciers. (Suma Matna et Suma Accuda). Activités réglées par le temps : pendant la mousson, les hommes partent aux champs,les femmes vont à la recherche d’eau, pilent le riz pour l’unique repas du soir et elles s’occupent des enfants ( notez que tous les travaux sont catalogués et sacrés pour chaque sexe). Après la récolte, les hommes s’attellent à des travaux de réparations, tandis que les femmes ajoutent à leur travaux habituels la fabrication d’ustensiles domestiques (calebasses, etc.). Les soirs de pleine lune, (saison sèche plus propice) les hameaux dansent : la "djoga" pour les petites filles, "l’adjoda" pour les femmes mariées, les "ndagala" et "andula" pour les hommes et les femmes. Une fois semaine, selon le rituel établi, les femmes se rendent aux marché de brousse (échange de denrées et occasion de retrouvailles). En janvier et février, les hommes partent à la chasse. D’autres jours, tout le hameau se retrouve à la pêche. C’est le hameau qui bouge, s’amuse, récolte et partage. Vers douze ans, les garçons sont acceptés dans le monde des hommes, après l’épreuve du "lebeda" et les filles sont proposées en mariage. La tribu se retrouve toujours aux mariages, aux funérailles et à la fête de la moisson (Vuntil Marbana).
Enfants de la brousse Voilà en quelques mots la vie simple et sereine d’un peuple qui, pendant des millénaires, est resté replié sur lui-même, mais bien structuré pour faire face aux événements de la nature et de la vie. Chez les Marbas, le temps s’inscrit en cohérence avec l’organisation sociale et culturelle. Et leurs Anciens sont la mémoire de la tribu et le chronomètre de tous les événements. Aujourd'hui, l'arrivée des religions chrétiennes et musulmane, l'intrusion de la radio l’amélioration des communications et leur accessibilité sont venues certainement perturber une vie restée statique pendant des millénaires. Quelles en seront les conséquences?
Paysage Tchadien Routardix Lundi 5 mai 2003
Tchad
Je ne conaissais du Tchad que le nom. Tout le désavantageait par rapport à certains autres pays du continent. Non seulement il était coincé au sud du Sahara, entre le Niger, le Caméroun, le Soudan et la République Centre Africaine, mais il était désavantagé aussi par la pauvreté de son territoire. Soixante pour cent du pays fait partie intégrante du désert saharien, dont les seuls richesses sont les mines de sel du Tibesti et les eaux poissonneuses du lac Tchad. Et l’autre quarante pour cent, le sud, se prête à peine à une culture saisonnière. Le Tchad était désavantagé autant du point de vue politique et éthnique. D’un côté les arabes plus fortunés et musulmans, de l’autres des tribus de race noire, pauvres et animistes (cette division socio-politique devait être la cause des guerres civiles, pendant deux décennies, dès les années ’70) . Du reste, il faut le rappeler, la création de ce pays, ainsi que celle des pays limitrophes, avait été tout à fait factice. Lors de la Conférence de Berlin, en 1865, les puissances européennes se partagèrent cette zone de la manière suivante : l’Allemagne occupa le Cameroun; l’Angleterre le Soudan et le Nigeria; le roi Léopold II, le Congo Belge; enfin, la France se vit attribuer la République Centre Africaine et le Tchad.
Fleuve Logone L’exploration du territoire marba, bien qu’il soit minuscule, ne fut pas l’affaire de quelques semaines, mais plutôt de plusieurs mois, car il n’était pas question pour moi d’en connaître seulement les limites géographiques, mais aussi les villages, les gens et les moeurs de la tribu marba. Géographiquement, le territoire s’étendait sur une cinquantaine de kilomètres, de l’est à l’ouest et autant du nord au sud. La route Pala, Kelo, Lai délimitait le territoire au sud, le fleuve Logone délimitait le territoire à l’est et le territoire de Pala le délimitait à l’ouest. Le territoire était à l’image de la zone sahélienne africaine, avec le seul avantage qu’il pouvait profiter des inondations du Logone pendant la saison des pluies. Des pistes sablonneuses séculaires parcouraient le secteur dans tous les sens, facilitant ainsi la communication entre les hameaux. Bien sûr, les choses étaient différentes au temps des inondations quand la boue (potopot) rendait les routes presque impraticables. Pendant les huit mois de la saison sèche, les habitants pouvaient cultiver le coton (culture introduite par les Français), tandis que pendant la mousson, ils pouvaient s’adonner à la culture céréalière, surtout le riz. Vous comprenez que si, pendant la saison pluvieuse, le Logone ne débordait pas, c’était la famine. Une population de 50 400 habitants était éparpillée dans 150 villages et hameaux, les uns éloignés des autres par quelques kilomètres à peine.
Chef de Famille Cette tribu était repliée sur son territoire depuis des siècles, en gardant jalousement sa langue et ses coutumes et ne frayant avec les Nanchere, les Lele, les Ngambay et les Mesme qu’à l’occasion des marchés de brousse. Politiquement parlant, depuis que les gouvernements avaient essayé de créer une certaine unité dans le pays, le territoire marba était divisé en deux districts, celui de Kolon et celui de Bachoro. En créant ainsi des districts, le gouvernement avait su respecter les chefferies locales, détentrices du pouvoir qui leur était accordé depuis toujours par la tribu. Routardix 1 Commentaire : Commentaire écrit le jeudi 2 février 2006 à 09:04:25 (lien) Djeigne DAHANE Bon, Blog! Ajouter un commentaire Lundi 5 mai 2003
Quand, à la fin de la cinquième journée, je traversai la fron- tière symbolique entre le Cameroun et le Tchad, je ne vis aucune différence entre les indigènes qui marchaient le long des routes. Une seule chose avait changé; il n’y avait plus aucune montagne, mais un haut plateau qui annonçait un coin de pays moins sauvage et prospère. Mon plus beau souvenir, ce soir là, à la mission de Léré, premier petit centre tchadien, fut de voir le beau couché de soleil sur le lac, situé en face du village, et les mastodontes qu’ étaient les hippopotames qui s’y baignaient. C’est ainsi que se terminait un périple de vingt trois jours qui, de Marseille, m’avait conduit au Tchad, ce pays qui serait le mien pour les cinq prochaines années.
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