Routardix:

Publié le lundi 5 mai 2003

Lundi 5 mai 2003
Cuba l'héroique
J'ai visité cette île du soleil cinq fois, entre 1989 et 1996.   J'y ai été pour me reposer,  ou  pour fuir le froid  nordique, mais aussi pour un brin de curiosité pour la  culture des caraibes.   Aussi n'ayant jamais connu de visu les régimes communistes, j'étais très curieux  de connaître de près ce système politique.

 

 Havana,Cathédrale

Chacune des visites ont été pour moi l'occasion de pénétrer à l'intérieure d'une  culture qui se fait apprivoiser facilement.  Je vous avoue que dès la première visite je me  suis fait séduire par la langue, par la musique et par la culture cubaine en général.      Et mes séjours à Varadero, à Cienfuegos et  à Trinidad,  ainsi  que les visites de la  Havane, de la baie des cochons, de la Zapata, de l'Escambrai, des plantations de canne  à sucre, et finalement, des vacances chez une famille cubaine, ont fini par faire de moi  non seulement un admirateur de l'île, mais aussi un assez bon connaisseur de sa culture.      J'ai apprécié voir, soit à la Havane, (vieille ville) soit à Cienfuegos ( centre ville) et   surtout  à Trinidad (déclarée patrimoine de l'humanité par l'UNESCO) cet art coloniale de  l'habitat qui peut faire l'orgueil du pays.  J'ai apprécié pouvoir pénétrer à l'intérieur du  pays pour apprécier la beauté de la végétation  tropicale et les habitudes  quotidiennes des courageux paysans cubains.  Et quand plus tard (1994 et 1996) j'ai été  en mesure de parler et lire l'espagnol et me lier d'amitié avec une famille cubaine  cultivée,  j'ai été initié par eux, (généreusement m'ont transmi un bon nombre de livres  et de journaux ) à l'histoire et à la littérature cubaine.

     Malheureusement ma rélation d'amour avec Cuba c'est mal terminée.  Je vous raconte comment  c'est fait l'évolution dans mon esprit  et comment elle m' a amené   vers l'abandon de l'île. Si j 'ai apprécié vite le climat, les beautés de l'île, la chaleur des gens et leur  culture,  j'ai aussi tout de suite remarqué que j'étais en visite dans un pays opprimé.  En arrivant à l'aéroport  j'étais entouré de militaires.   Les douaniers ont ouvert  méthodiquement les valises.  Sur le site balnéaire j'ai appris qu'aucun cubain pouvait  pénétrer à l'intérieur de l'hôtel, sinon ceux qui avaient été soigneusement choisis par le  parti.         En me promenant dans les rues de Varadero j'ai remarqué que les quelques   boutiques  de la ville étaient  completement vides, sans aucun produit sur les étagères.   Les jours suivants j'ai observé, ici et là, des files de gens qui avec un livret à la main attendaient pour pouvoir recevoir (une fois par semaine ou une fois par mois, tout  dépendant du produit disponible) le pain, le  sucre, le café, la viande, le tout selon le  nombre de personnes dans la famille et selon les âges des personnes.  Les enfants et les  vieux étaient les privilégiés de toutes les catégories quant au lait et à la viande. 

  En visitant la ville de la Havane j'ai fait face à des militaires armés à tous les coins de  rues et j'ai rencontré partout ces interminables queues de gens qui patiemment  attendaient pour avoir le pain de la semaine ou une crême glacée.   Chaque matin, de ma chambre d'hotel, je voyais des camions de l'armée russe qui  transportaient les  travailleurs vers les usines ou vers les champs agricoles;  et même  les jeunes élèves des écoles, pendant la période de vacances ou des récoltes,  étaient recrutés pour les  travaux des champs.  Le soir les trottoirs de la ville étaient  remplies de prostituées qui pour quelques billets verts étaient prêtes à livrer leur corps  aux touristes.

 

Trinidad, Plaza Major

      Il est vraie que le gouvernement cubain a réussi a donner une éducation poussée à  son peuple.  Il est  vrai que ce même gouvernement a mis en place un système de  santé qui pourrait faire notre envie, ouvert à tout le monde.  Mais quant au reste ça été  l'échec total et c'est le peuple qui en fait les frais.  Ce que j'ai observé à Varadero je l'ai observé les années suivantes dans les autres villes.  Je dirais même que les choses ont empiré après le départ des Russes .  Je me souviens pendant des vacances à Trinidad combien contrastait la beauté de la ville avec la misère du peuple.   Je me souviens de ces jeunes cubains endoctrinés par le  régime et faisant parti des forces de lutte anti impérialistes qui, au sommet de l'hotel,  longuevues en main, surveillaient les mouvements de chaque touriste sur le terrain de  l'hôtel.   Un jour je visitais Cienfuegos en compagnie d'un ami  qui, après quelques  arrangements avec des gens du pouvoir, a voulu me faire visiter la maison qui lui était  fournie par le gouvernement (extrêmement modeste, croyez-moi).  En nous dirigeant de  l'hôtel vers la ville, je vis des plantations de manguiers et de bananiers.   Je dis tout  simplement : "Vous avez des belles plantations dans la région"!   Il me répondit : "Tout  ce qui est produit dans les champs et dans les vergers est destiné d'abord au touristes  et s'ils en reste ça  sera offert dans les magasins d'état à la population"!    Cette  réponse produit un choc terrible dans mon esprit, car je me suis senti comme quelq'un  qui vient leur volé le pain sur la table. 

   C'est lors de ma dernière visite à Cuba, en 1996, que j'ai décidé de rompre avec l'île.  La famille avec qui j'avais créé des bons liens d'amitié, insista pour que je passe les  vacances chez-eux.   J'ai aimé cette semaine auprès d'eux, car j'ai découvert une famille  bien soudée et j'ai pu vérifier et admirer leur esprit de courage et de sacrifice.  Mais j'ai  appris tellement  de choses sur le régime que j'en fus bouleversé.  Le gouvernement avait  fait quelques compromis pour calmer un peu les esprits et susciter des petits espoirs.  Il leur permis de pouvoir accéder aux "tiendas" (des Wolmart miniatures), s'ils  disposaient de billets verts; il leur permis d'accéder à des petites entreprises familiales  à condition qu'ils payent des impots sur les revenus; il tolérait désormais le marché au  noir.  Mais le régime restait fondamentalement très dur. 

    Le soir, quand tout le monde se barricade dans leurs demeures, je me suis permis de  poser des questions qui me préoccupaient depuis longtemps.  C'est dans cette intimité  que j'ai appris que mes amis, comme tant d'autres, étaient fatigués du régime.  C'est là que j'ai appris que les intellectuels se taisaient par peur; qu'il fallait même se  méfier des voisins et des comités de surveillance de cartier si on ne voulait pas êtres  percécutés par le parti ou finir en prison; que le parti qui, théoriquement, voulait abolir  les classes, en réalité avait créé des classes de favorisés parmi ceux qui le soutenait .  Il fallait être bien vus par le parti si on voulait obtenir un travail  administratif;  il fallait   être recommandé par une personne influente dans le parti pour pouvoir être embauché  dans l'industrie du tourisme ou l'industrie des billets verts.  Il fallait,  sur le travail,  montrer qu'on était  pro actif pour le régime si on ne voulait pas perdre son emploi.

 En partant de Cuba en 1996 je me suis dit que je n'avais plus à verser un dollar pour ce    régime et  que même si j'aimais mes amis, je n'encouragerai plus un gouvernement qui opprime son peuple.    Les cubains ne sont pas libres.  Ils doivent se soumettre,  dès la jeune enfance,   à la doctrine castriste.  Les adultes sont sans cesse endoctrinés dans les comités  de cartiers et bombardés par la propagande révolutionnaire; s'ils veulent survivre  ils doivent se joindre aux foules et idolâtrer "el comandante".   Ceux qui ne  sont pas membres en règle du parti sont soupçonnés et tenus à l'oeil; ceux qui  ne  frequentent pas les réunions de cartier sont sur des listes noirs et ne bénéficient pas  des faveurs du parti; chacun, chaque famille est surveillée par ses voisin de sorte que  le cubain ne peut se fier à personne, mêmê pas à sa propre parentée.  Les intellectuels  sont les premiers sur les  listes de surveillance, car le parti sait qu'ils sont les plus  dangereux pour nuire au pouvoir en place.  Il ne faut pas qu'un soupçon pèse sur eux,  car ils peuvent facilement être étouffés dans l'expression de leur pensée ou isolés dans  les prisons pour le reste de leur vie.

   C'est l'histoire qui se répete pour les pauvres cubains.  Les Espagnols les premiers les  ont soumis à un esclavage brutal, de sorte qu' en quelques dizaines d'années la  population authoctone disparait totalement.  Ces mêmes Espagnols importent des milliers de noirs d'Afrique et les  feront travailler comme esclaves dans les  champs de canne à sucre.  Les Anglais ont pris la relève  des Espagnols après 1762 avec  l'occupation de la Havane.  Durant onze mois plus de mille navires touchent au port de la  Havane, et  introduisent plus de dix mille esclaves pour favoriser le développement de  l'industrie sucrière. 

    Pendant un siècle les cubains s'organisent et luttent pour se donner un pays  et  retrouver la liberté et la dignité.  Des hommes comme Carlos Emmanuel de Cespedes, Calixto Garcia, José Marti et bien d'autres ont fusionné leur poeple et l'ont préparé  à la lutte pour l'indépendence.  Mais à la veille de la victoire des révolutionnaires sur  les espagnols, les États- Unis interviennent dans la guerre et signent un traité avec  l'Espagne qui leur donne le contrôle absolu su Cuba.

      Pendant cinquante ans  l'île verra se succéder gouvernements corrompus et  interventions nord-américaine dans le seul but de livrer toujours plus les richesses du pays aux intérêts étrangers.   Le 10 mars 1952, le général Fulgenzio Batista instaure une des dictatures des plus  cruelles de l'histoire de Cuba.  Les forces de libération s'organisent et entre le 26 juillet  1953 et le 1er janvier 1959, avec à leur tête Fidel Castro, réussisent à liberer le pays de  la tyrannie.   Malheureusement cette libération qui  aurait pu être la fin d'un esclavage millénaire  s'est avérée comme le début d'un autre esclavage, pire que tous les précédents, car  elle prive le cubain de la plus grande richesse, la liberté; liberté de pensée et liberté  d'agir. 

   Je suis rentré au pays en 1996 en me disant que je remettrai les pieds en sol cubain le jour où je verrai les prisons cubaines se vider des prisonniers politiques, le jour où  chaque citoyen de l'île pourra gagner son pain comme il le voudra et beneficier des fruits  de ses labeurs pour sa famille d'abord, pour sa patrie ensuite.

Routardix

  

  




Lundi 5 mai 2003
La spectaculaire Alaska
 
On dit souvent : « Il faut le voir pour y croire! »  Le dicton est vrai  pour la beauté de ce territoire
immense qu’est l’Alaska.

Nous avons choisi de faire ce voyage avec « Celebrity Cruise » qui nous offrait plusieurs programmes.  Et  nous avons choisi le suivant ,  Vancouver -----Anchorage :
 
 
Golfe d'Anchorage

Juin  7  Vancouver, B.C.
Juin  8  Cruising inside passage.
Juin  9  Ketchikan,Alaska.
Juin 10  Skagway,Alaska.
Juin 11  Juneau, Alaska.
Juin  12  Hubbard glacier-crusing.
Juin 13  Valdez,Alaska.
Juin 13  College Fjord-crusing.
Juin 14  Seward,Alaska
Juin  14   Anchorage-Vancouver.
 
Les premiers Alaskiens :

C’est au moment des glaciations du Pleistocène, au moment  où il s’est fomé un pont de terre, que ces derniers ont pénétré, en vagues successives, sur le continent.
Nous connaissons ces groupes que nous identifions aujourd’hui du nom de Tlingits, Athapascans,
Eskimo et Aléoutes.
Les premiers se sont appropriés la majeure partie du sud-est de l’Alaska;  les deuxièmes ont occupé les territoires intérieurs, en grand partie sur le territoire draîné par le Yukon et ses affluents; les Eskimo, eux, ont occupé les zones occidentales  et septentrionales  de l’Alaska; et finalement les Aléoutes se sont installés le long des iles aléoutiennes. Ces groupes sont encore présents aujourd’hui sur le  territoire.  Ils essayent de réanimer leurs cultures tout en faisant partie de l’état moderne que devient l’Alaska. On récence en fait sur le territoire 90.000 aborigènes, dont la moitié sont des éskimos.
Les premiers blancs  qui arrivèrent sur le teriitoire furent les Russes, grâce au services de Vitus Bering  (1641-1741), Danois au service de la marine impériale russe.
Les militaires russes jouèrent un rôle néfaste sur les populations locales; ils en tuèrent un grand
nombre par les armes et les épidémies dues à leur présence.
Les américains arrivèrent en Alaska beaucoup plus tard  (1799 : première compagnie
russo-américaine).  Et commencèrent à s’y installer pour de bon après l’achat de l’Alaska par un
visionnaire, William H. Seaward (1867), qui l’achetat pour son pays pour la somme dérisoire de
7.2 milions de dollards.
Aujourd’hui les américains ont en main le plus grand état de l’union.  Ses ricchesse en matières
premières sont incalculables; seulement le pétrole constitue une réserve de 9 miliards de barils, ce qui place les USA tout de suite après  l’Arabie Saoudite pour les richesses pétrolières.
En attendant que l’état se pleuple (actuellement à peine 374.000 habitants, dont 170.000 à Anchorage), les américains l’exploitent à fond par le tourisme.  Un nombre incalculable de bateaux croisent les eaux de l’Alaska entre mai et septembre.
 
 
 
Le Summit
 
Notre voyage.
 
7 juin : 17.45 :  Le Summit décolle du quai de la Place des Nations ponctuel comme un train Suisse pour se diriger vers le passage intérieur.
Nous admirons la ville avec sa couronne de montagnes magnifiques; fotografions le Lyons bridge et regagnons notre chambre.
Nous avons été pris en charge , entièrement, en rentrant sur le bateau.  Et dans la chambre nous
attends le premier journal du jour (The Summit Daily  sera chaque soir sur notre lit, en langue
française ! ) qui nous fait connaître les membres de l’équipage, les lieux, les services ,
la sécurité, les excursions et la manière de se les procurer, etc.etc... Rien, absolumment rien,
n’est laissé au hazard.
 
8 juin :  Le Passage Intérieur.
 
Des très bon heure je suis sur le pont, au 11ème niveau.  Des passagérs y pratiquent le jogging, la piste  étant longue de 300 metres, tandis que moi je m’emerveille devant la beauté de la nature :  l’océan et les îles montagneuses dont j’ignore les noms.
Nous sômmes dans le passage intérieur sur lequel nous navigueront toute la journée et les jours qui  suivront.   Ce lieu magique découvert par le capitaine Vancouver, il y a 200 ans, s’étend sur 1600 km.   C’est le recul d’immenses glaciers de la dernière période glaciaire qui couvraient le sud de  l’Alaska et  de la Colombie Britannique qui donnèrent naissance à cette mer intérieur.  Les eaux vertes du Pacifique  entrèrent par le nord en couvrant les éspaces libérés par les glaces.
Protégé par les îles en pleine mer et tempéré par le Kuroshio (courant chaud japonnais) l’immense  dédale de chenaux, des baies calmes , d’îles superbement boisées, invitent les passagers à rester  sur les ponts toute la journée. Tout au long de la semaine le Passage nous montrera des chutes vertigineuses à flanc de montagne, des îles peuplés d’ours et de loups, des phoques se reposant au soleil ou jouant dans les eaux froides, des glaciers en perpetuel mouvement depuis des millénaires,et des baleines en pleine migration.
Avant 17 heures nous venons de passer l’île de Triple Island  où des pilotes américains viennent
remplacer les pilotes canadiens pour continuer le périple vers le nord.   Sur les 19 heures
les rayons du soleil s’éclatent sur les vitres des petits édifices de la dernière ville canadienne sur la  côte, Prince Rupert.
 
9 juin : Ketchikan.
 
 
Danse chez les Titlis
 
Avant 7 heures ce matin je suis encore sur le pont.  J’ai l’intention  d’être là chaque matin pour
voir s’approcher les lieux de notre prochain éscale.  La ville au loin est encore endormie, nichée
entre la montagne et la mer.   Les Tlingit l’ont appelé  Ketchikan, qui veut dire «  Les Ailes
fracassantes de l’Aigle ».  En fait elle s’étale avec la forme exacte d’un aigle en vol.
Ketchikan  est la ville la plus au sud de l’Alaska.  Elle est reliée au reste du pays par la seule voie
marittime.  Nous craignions la pluie à cet endroit, considéré comme l’endroit le plus pluvieux
sur cette côte, mais nous fûmes épargnés; le soleil resplendissait et il nous a accompagné tout au  long de notre excursion, à Saxmann Village.
Vers les dix heures nous avons été accueillis chalereusement par les Tlingit.  Dans une grande spontaneité, habillés de leurs costumes traditionnels, accompagnés de tambours, ils nous ont chanté et mimé une vielle legende Tlingit.  Pendant une quinzaine de minutes nous avons vibré avec eux.  Je n’ai pu m’empêcher de penser qu’ils avaient été les maîtres d’un immense territoire et qu’ aujourd’hui ils essayent de faire revivre leurs traditions et d’obtenir le statu de citoyens à part entière.
 
10 juin : Skagway.
 
 
Skagway Pass
 
Skagway : « Terre du Vent du Nord !»  Oui, qu’il y en avait du vent dans cette petite ville à notre
arrivée et pendant toute la journée!  Nous nous étions préparés à l’avance pour faire à cet endroit
un pélérinage, celui de la White Pass.   Ces mots doivent vous dire quelque chose.  En effet c’est
 ici qu’en 1896 souffla la rumeur de la presence d’or au Youkon.  En moins de deux ans, des
dizaines de milliers de prospécteurs affrontèrent ces rudes montagnes pour se rendre vers les
mines d’or du Yukon. Les gens, en file indienne, parcoururent 900 km pour rejoindre le Klondike.
Des milliers d’ entre eux y perdirent la vie, ainsi que leur peu de biens et leurs chevaux.
Notre pélérinage a été plus agréable.  Nous avons emprunté un train d’époque(fin du siècle passé), remis en état  pour des fins touristiques et sômmes montés jusqu’à 2000 metres à la frontière du Yukon. Quel parcour époustouflant à même les montagnes éscarpées!  Il ne faut pas avoir le vertige pour jouir du spectacle.
Bien sûr nous aurions voulu avoir un peu plus de temps pour explorer une ville qui possède beaucoup  de vestiges de l ‘époque de la ruée vers l’or; mais au moins nous avons satisfait notre rêve.
 
11juin : Juneau.
 
Juneau est la capitale politique de l’Alaska.  C’est elle qui a fait rêver le plus les américains de
l’époque.  Pendant les années 1880 la découverte de l’or fut sì abondante que beaucoup d’amé-
ricains finirent par se convaincre que Seaward  avait fait une excellente affaire en achetant l’Alaska des Russes.  Aujourd’hui Juneau vit surtout grâce à la présence du gouvernement et des pêcheries.
Ayant plus de temps à notre disposition, nous sômmes allé voir les baleine  à quelques kilometres de la ville et l’après –midi nous avons visité le musée d’éthnologie.   Nous avons été enchantés par la visite du musée.  Pour avoir une idée global de la culture des peuples qui ont habité l’Alaska il faut visiter ce musée.  Ce ici que l’on comprends leur environnement, leurs moeurs, et leur culture.
 
 
12 juin : Hubard Glacier.
 
Glacier Hubbard
 
Aujourd’hui nous ne déscedrons pas à terre, mais le clou de la journée sera  le glacier Hubbard.
Je monte sur le 11ème pont comme tous les matins; et je m’aperçois que l’horizon est plus vaste que d’habitude et la température est littéralement plus froide.  Nous nous dirigeons tout droit
vers le fond d’une profonde et vaste baie où j’aperçois une chaîne de montagnes enneigées.
Hubbard glacier est un glacier qui a survaicu à la dernière « mini époque glacière ».
Ce colosse s’étends sur près de 150 km depuis le centre du St Elias National Park, jusqu’à la
pointe de Yakutat Bay.  Il avance lentement jusqu’au bord de l’océan sur une largeur de 10 km et une hauteur  de 90 mètres.   Après 9.30 nous nous apercevons que les rivages retressissent
progressivement, bien que  nous ayons encore deux heures avant que le Summit vienne s’installer devant le glacier.  Les passagers se font de plus en plus nombreux sur les ponts et en particulier
sur le onzième.  Nous revêtons à notre tour du linge d’hiver et nous  admirons le paysage.
L’océan  se couvre de plus en plus de glaces flottantes,  parmi les glaces les phoques  semblent
s’ammuser et jouer à câche câche  avec d’autres congénères,   l’ours noir fait ses provisions
sur le bord d’un cric poissoneux, tandis que des oiseaux marins, les cormorans, les mouettes
plongent et replongent dans les eaux glacées à la recherche de poissons très abondants dans ces lieux.
Pendant que nous savourons un bon café chaud arrosé abondamment de Cognac et Zia Maria,
nous avons de la difficulté à nous détacher de la beauté unique des lieux.
Vers les 15 heures le spectacle est déjà terminé; le Summit se dirige vers Valdez à 253 milles
marins devant nous.
 
13 juin : Valdez et College Fjord.
 
Cette petite ville d’Alaska porte le nom d’un explorateur espagnol qui avait découvert le lieu
en l’an 1798.  Elle fut à partir de 1898 le point de départ des chercheurs d’or qui se dirigaient
vers Fairbanks et qui lui permirent une certaine prospérité.  Nous avons fait un tour dans la
petite localité qui en réalité à peu de choses à offrir.  Elle respire la jeunesse, car suite au
tremblement de terre du 27 mars 1964 (8.5 sur l’échelle de Richter), l’ancienne Valdez fut totalement emportée par  un  raz-de-marée; les habitants l’ont réconstruite six km plus loin, en un lieu sûr.
Ce qui fait aujourd’hui la célébrité de cette petite ville, c’est qu’elle est devenue le port de mer
le plus important du pétrole alaskien de l’artique.  Sur 1300 km un pipeline qui traverse trois
chaînes de montagnes, ammène à bon port l’or noir du grand nord.  Le port étant praticable à
l’année longue permet aux pétroliers de venir faire le plein et repartir vers les lontains états du sud.
Mais l’après-midi devait finir par un spectacle impréssionant.  Entre 16 et 19 heures nous avons
navigué dans un fjord qui aboutissait au milieu de nombreux glaciers, les 26 glaciers du College Fjord.
Chacun porte le nom d’un college américain de l’est des Étas Unis.   C’est inimmaginable de voir
toute cette glace déboucher sur la mer et surtout impréssionant , puisque  nous pouvions les
observer à quelques centaine de mètres du navire.
 
14 juin : Seward-Anchorage.
 
C’est ici que s’ achevait notre voyage.  Le matin du 14 nous avons abandonné, à regret, le navire
pour un voyage, en autobus, entre Seward et Anchorage.  Cela nous a permit d’observer de près
les forêts, les lacs, les rivières et surtout admirer ces montagnes  qui en Alaska ne nous quittent
jamais.  Notre mémoire commençais déjà  à nous renvoyer mille images.  Nous venions en fait
de vivre  une expérience que je définirais de grandiose à l’image du pays lui –même.
 
 
Soleil de minuit

 
Routardix



Lundi 5 mai 2003
La Tunisie
 
 
Hammamet, C. Culturel G. Sebastian
 
C’est le goût de l’exotisme qui m’a amené vers la Tunisie.
Je ne connaissais rien de ce pays avant mon voyage, sinon
que c’était une bande de terre étroite entre l’Algérie et la Lybie
et agréable pour son climat hivernal.  Mais en me préparant
au voyage j’ai découvert non seulement que je ne m’étais pas
trompé, mais que ce pays m’offrirait un grand nombre de
surprises  culturelles.
 
Son passé prend racine dans la préhistoire (7000 –4500 a.J.C.).
Mais ce que nous connaissons mieux ce sont les périodes puniques et romaines.   L’expansion de Carthage ( punique : peuple carthaginois; entre les VIIIè et IIè siècles av. J.C.)  fut tellement grande que nous  pouvons dire que  pendant des siècles la Méditerranée appartenait  aux Carthaginois.
Mais au moment où Carthage décida de s’attaquer aux
intérêts romains, ce fut sa fin.   En 44 ap. J.C., César décida d’en faire une colonie.  De sorte qu’à travers la province se propage (IIè et IIIè s.) le modèle municipale romain, qui jouera un rôle intégrateur fondamental.
 
El Jem, Colisée Romain
 
À partir de 670 l’empire arabo - musulman deviendra la puissance
politique et économique de la région, de sorte que se suivront,
les unes après les autres, les dynasties des  Aghlabides, des Fatimides et des Zirides,des Almohades et des Hafsides, jusqu’aux Turques (empire ottoman: 1574-1705).
 
Les européens mirent à nouveau pied en Tunisie suite au congrès de Berlin (1878) qui permit à la France d’occuper le territoire tunisien.  Mais cette occupation fut de brève durée, puisque en 1954 Mendés France lui redonna son autonomie.
 
Aujourd’hui beaucoup de sites archéologiques témoignent de cette longue histoire.
Sites punique à visiter :  Carthage, Bizerte, Utique, Keirouan,
Sousse, Maktar, etc....
Site romains à visiter :  Carthage, Utique, Bizerte, Thuburbo Majus, Sbeitla, El Gem, Sousse, etc.....
 
TUNIS :  Après une brève visite de la ville moderne (Cathédrale
St. Louis, boulevard de Paris, Palais néo-coloniaux), il faut pénétrer
dans la médina pour  sentir le passé et le présent.   Le musée du Bardo est le clou de Tunis.  Ce musée contient les plus belles collections de mosaiques  romaines au monde.
 
CARTHAGE :  Le site archéologique de Carthage est un lieu
plein d’histoire, chaque pierre mérite une lecture attentive;
il faut prendre son temps pour sentir l'atmosphère que s'y dégage.
 
 
 
Sidi Bou Said
 
SIDI ABOU SAID :  Un village non loin de Carthage, typiquement
Tunisien. Le plus pur et le plus beau village tunisien.  Les occidentaux savent peu que ces ruelles montantes, ces villas closes, sont le décor d’un mysticisme fervent, celui de l’islam maghrébin (Sidi Abou Said : un saint mussulman).  Il faut admirer l’architecture et prendre un thé au café Des Nattes.
 
KAIROUAN : C’est la ville sainte de la Tunisie.  La visite de deux
lieux s’impose, la mosquée du Barbier et la grande mosquée, l’une
parce que sanctuaire d’un vénérable musulman ( admirer la
décoration des lieux), l’autre à cause de son architecture unique.

SBEITLA :  Voilà un des site archéologiques romain magnifique.
La ville est à dimension humaine, mais authentiquement romaine.
 
TOZEUR :   La lumière en Tunisie est extraordinaire, mais  à
Tozeur elle devient spectaculaire.  La ville est à l’orée du désert et
donc le bleu du ciel et le jaune pâle du sable donnent à la lumière

un trait de finesse qu’invite à la contemplation.  Et puis la
petite ville elle-même affiche une architecture à râvir.  Le "Patient anglais"
a été tourné dans cette ville. 
 
NAFTA :  Une oasis à visiter pour tout savoir sur la culture des
dattes.
 
CHOTT EL JERID :  Un lac salé en pleine zone désertique
contenant  à peine quelques pieds d’eau.  Mais  le paysage
y est tellement beau!  C’est l’endroit des mirages!!!
 
MATMATA :  La région devient montagneuse, et dénudée; son décor est tout désigné pour la réalisation de films; à preuve le tournage de « La guerre des étoiles ».   Mais tout à coup l’on découvre un site surprenant où l’essentiel de l’habitat est enfoui sous terre, creusé dans des roches tendres ( troglodytes) .
 
JERBA :  La plus belle île de Tunisie, la plus clémente aussi pour
les touristes.  Elle a sa propre histoire.  Elle vaut la peine d’être
visitée pour son artisanat , ses mosquées et la synagogue juive.
 
EL JEM :  Un autre sanctuaire romain.  Le Colisée est l’attraction
principale.  Le climat a fait que ce
monument colossal  (le 3ème plus gros après
celui de Rome; 27.000 spectateurs) est l’un des mieux conservé du genre.
 
Douz,à la porte du Sahara
 
MONASTIR :  Lieu de « culte » d’un personnage important de
l’histoire moderne tunisienne; le politicien, créateur de la
Tunisie moderne, Abib Bourguiba .
 
HAMMAMETH :  Ville essentiellement balnéaire, où le touriste
trouvera les services très modernes.   Mais le culturel y occupe
une place importante, comme le « Centre Culturel Georges
Sabastian », duquel le Corbusier disait :"Être la quintessence de la beauté".
Mais il faut ajouter au culturel la Medina, l'architecture à travers la ville, ainsi que les expositions artistiques.
 
Mon séjour en Tunisie a été des plus enrechissant.  En plus
des plaisirs retirés, le voyage m'a donné l'occasion de côtoyer plusieurs
périodes de l’histoire méditerranéenne; et surtout  une meilleure compréhension du  monde arabe.
 
 
Routardix
 




2 Commentaires :

Commentaire écrit le dimanche 21 novembre 2004 à 17:56:23 (lien)
celine
avant d'y allé cet été j'appréhender car je penser ke ca aller être difficil à vivre, je penser ke c'était pauvre mais au contraire les gens vivent très bien, il fait bon, les plages sont magnifik, les gens acceuillants, on trouvent pratikement tout ce dont on a besoin...ya mm une patinoire à hammamet et des parks d'attractions réussi comme "carthageland". pour ceux ki ne connaissent pas ce pays je vous le conseil, ce fut un voyage enrichissant!


Commentaire écrit le mardi 27 avril 2004 à 14:12:52 (lien)
juju
je suis déja allée en Tunisie et c'est un très beau pays. Il y fait chaud et le paysage est magnifique. Je suis allée au NORD et au SUD.


Ajouter un commentaire

Lundi 5 mai 2003
L'Irlande: La verte et la rouge
 
Nous arrivions des Alpes Italiennes où nous avions passé une quinzaine de jours splendides et l’île d’Irlande nous accueillait, au coucher du soleil, par quelques averses éparses, une pluie  chaude, le baptême de tous les touristes qui veulent l’apprécier.
 

Malahide, mer d'Irlande

La Verte

C’était le mois d’août, mais quel contraste avec les autres pays de l’Europe en cette période. En Irlande tout est vert;  mais quels verts, des plus foncés aux plus tendres, que seul l’œil d’un artiste avisé peut rendre fidèlement!  Le printemps s’installe en Irlande pour 12 mois, grâce aux pluies fréquentes et le soleil qui n’est jamais agressant.

Nos déplacements dans Dublin et dans les régions su Sud est, de Cork, du Bas Shanon et du Centre, nous ont fasciné par leurs couleurs vertes, jamais pareils.   La ville de Dublin affiche partout de la verdure, rehaussée par les fleurs.   Que l’on se promène le long du fleuve Liffey ou des canaux (Grand Canal, Royal Canal), que l’on visite Trinity College, St. Patrik Church, le Musée National, le Château de Dublin, le Musée des Écrivains, on longe et traverse des parcs, sans compter l’interminable Phoenix Park et l’incomparable jardin botanique.

                               Jardin Botanique: nuniphares géantes

Notre émerveillement fut encore plus grand lors des visite à l’extérieur de Dublin.  Lors de la visite du village de Malahide,  le vert tendre des îles rendait vert les eaux de la mer d’Irlande.   Le jour d’une excursion à Newgrange, site préhistorique par excellence, les douces collines baignées par la Boyle, lieu de la bataille de 1690 entre catholiques et protestants qui donna Irlande à ces derniers, le paysage bucolique atténuait le souvenir de cette terrible tragédie.  

Site préhistorique: Newgrange

Parfois la main de l’homme vient rehausser la beauté de la nature. C’est le cas à Powers Court,   résidence princière du XVIII siècle, où l’œil est fasciné et par les jardins style renaissance et par le mont Great Sugar Loaf qui  dévoile sa nudité à peine voilée par son habillé vert transparent.  

Powers Court

Mais le vert devient couleur majestueuse quand on se transporte aux sommets vertigineux ( 200 m.) des Cliffs de Moher (Bas Shanon), là où l’eau, le vent et les vagues de l’Atlantique ont sculpté sur 8 km des falaises de grès et de schiste noir. 

C’est d’une beauté tout simplement à faire pleurer!

Cliffs de Moher

La Rouge

Tout comme vous, peut- être, je connaissais peu de l’histoire de cette Île.  C’est en me préparant au voyage et surtout sur les lieux que j’ai découvert la tragédie qui s’est abattue pendant des siècles sur l ‘île et sur son peuple.   Passons sur la période préhistorique (4000 a.c.) que l’on commence à peine à découvrir.

Déjà les Celtes qui habitaient l’île étaient des peuples belliqueux.   Convertis au christianisme (432 St. Patrik) les nombreux rois de l’île se déchirèrent pour s’assurer la plus grande partie du territoire.   Entre le Vème et le IXème siècle l’île a joui d’une paix relative grâce à la présence des monastères chrétiens.   Mais  l’arrivée des Vikings connue le massacre des moines et des chrétiens.   Les nouveaux venus firent reculer la civilisation de plusieurs siècles.

Glengalouhg

Mais le coup de semonce qui détruit et soumis l’Irlande fut donné par les anglo-normands d’abord (1619) et l’Angleterre d’Henry VIII ensuite (1690). Les Anglais protestants affrontèrent les Irlandais catholiques de souche : ce fut le désastre et l’esclavage!

Les terres furent confisquées et données aux protestants écossais et anglais.   Mais surtout les lois furent tellement répressives que les Irlandais perdirent toute liberté.  En 1825 la famine se mit de la partie :  plus d’un million d’Irlandais moururent ou durent émigrer.   C’est seulement après la famine que les Irlandais décidèrent de retrouver leur autonomie.   Des luttes sanglantes s’en suivirent quand finalement en 1937 le sud devint l’Êtat libre d’Irlande et l’Irlande du Nord resta attachée au Royaume Uni.

Le reste de l’histoire contemporaine de l’Irlande vous la connaissez.  La lutte continue. Et il faut être en Irlande quelques semaines pour vivre la présence des tensions.

Oui, l’Irlande elle est aussi rouge à cause de sa tragique histoire.

Quand on visite le pays, les traces des guerres évoquent les tragédies du passé.   Nous avons visité des église détruites ou volées aux catholiques ( à Dublin, à Cork, à Waterford), nous avons vu les monastères et les cimetières détruits et profanés  par les protestants (Glengalogh, Howrth) le long des routes de l’Irlande.

Aujourd’hui il y a un espoir que la paix soit faite entre les deux Irlande, entre les catholiques et les protestants.   Et le fait que maintenant elle fasse partie de l’ Union Européenne facilitera, peut-être, le retour à la paix.

Nous sommes revenus de ce voyage heureux d’avoir connu ce pays qui nous rappelle que si l’harmonie de la nature est une chose acquise, celle des hommes est toujours à reconstruire.

         

                 Malahide Village                   

 

 

Dublin: La Luffey

 

Routardix

 




Lundi 5 mai 2003
Les Alpes Italiennes.

            Huit heures trente.  Notre  avion approche du territoire italien et le ciel est sans nuages, de sorte que nous prenions plaisir à voir arriver la couronne des alpes.       Huit heures trente cinq.  Le capitaine du vol annonce au micro: " Nous invitons les passagers a admirer le Mont Blanc et les autres massifs, Mont  Cervin, Mont Rosa.
             Le spectacle est indescriptible :  la morphologie du mont Blanc, ses neiges, ses glaciers nous fascinent !  Et dire que  peut -être dans les prochains jours  nous porrions acceder à ces  sommets.

 

Alpes
 
 
   Deux heures plus tard, après avoir traversé la plaine du Po, nous faisions  face à un barrage de montagne: c'étaient  les   prealpes.  La route retrecie et nous voilà dans la gorge qui nous ouvrira la première porte de la Vallée d'Aoste, La Doire.
   Comme les romains qui ont eu à domestiquer ces gorges pour ensuite aller explorer un passage à trois et quatre mile metres d'hauteur, nous nous sentions tout petits et inconfortables.   Mais nous nous  réconfortions facilement en sachant  que  pendant deux mille ans les hommes qui ont vécus dans ces montagnes ont tout doméstiqué avec des routes, des tunnels, des  sentiers d'alpages, et des téléfériques. 
 Nous n'aurions que du plaisir!

          Nous ne connaissions la Vallée d'Aoste que de nom.   Elle est la plus petite province d'Italie, avec à peine 130.000 habitants, dont le centre administratif est Aosta (40.000).   Mais sa taille prends une grandeur insoupçonnée par les merveilles qu'elle recèle:  les merveilles des glaciers,  des neiges étérnelles, des alpages, des fleurs et des roches.
 
  Les massifs de la régions ont créé une espèce de complicité avec leur environnement;  ils emblent presque vouloir proteger leur beauté , et ils imposent au visiteur, avant de se laisser admirer, d'apprivoiser  d'abord la beauté de la douzaine de vallées  latérales à la Doire  ( La Greyssoney, La Valtourmanche, La Valpelline, La Champorcher, La By, celle du Grand St. Bernard,  etc...).
   À la beauté architecturale de la nature - l'élégant Cervin par exemple-  s'ajoutent les beautés architecturales crées par les hommes à travers les siècles, que ce soit les romains, les princes du moyen-âge ou tout simplement l'architecture de la civilisation paysanne des montagnards.
     Suivez nous dans quelques unes de nos découvertes.
 
      Sur les traces des romains:
 
 
Pont Romain (St Martin)
 
     Quel peuple de civilisateurs!    Nous les avions rencontrés déjà  en Tunisie, au Maroc, en Turquie, en Engleterre,  en Autriche, en Grece.   Et  les voilà encore au pied des alpes.  Les archéologues ont suivi leurs  déplacements dans toute la région et ils nous offrent en admiration des tranches de route (exemple à Donnas),  des arcs de triomphe  (à Aoste), des ponts (à Aoste et à St. Martin).   Ce dernier est celui qui s'est le mieux conservé.   Non  seulement il est mis en relief à cause de son environnement, la montagne et la Lys vertigineuse, mais surtout par la perfection de son architecture.  Et que dire des restes d'Aoste (tête de pont des conquêtes transalpines) !  On y retrouve la réplique, en plus petit, des monuments romains :  arc de tiomphe, forum, théatre; là aussi les romains y  sont restés fidèles  à leur culture de civilisateurs en y imposant une nouvelle civilisation, celle du droit, de la paix et de la culture.
 
 
    Sur les traces des princes:
 
 
 
Forteresse de Bar
 
 La famille de Savoie a gouverné la région depuis 1191.  Elle avait ses representants tout le long de la Doire Baltée, dont les plus célèbres furent ceux de la famille Galant.  Une vingtaine de chateaux longent la Doire, juchés sur des promontoires;  ils  servaient tout simplement de lieu de  contrôle et douâne pour ceux qui faisaient le commenrce entre l'Italie et la France.  Cette  route des commerçants italiens et français longeait souvent la via romana; on l'appelait la "via francigena".
                                  
   Nous nous sommes contentés de visiter deux de ces chateaux, celui de Verres et celui de Fenis et les deux nous ont plongés  littéralement dans la vie du moyen-âge, tellement tout est intact à l'extérieur et à l'intérieur.  On y voit comment vivaient  ces petits princes régionaux ainsi que leurs familles; on peut y reconstituer la vie des soldats, des serviteurs et des vassals; en un  mot,  c'est  un  retour à la vie périlleuse et tourmentée du moyen-âge.
 
            Les vertiges de la montagne!
 
     Un beau matin, nous décidâmes d'atteindre le Mont Rosa par la vallée de Gréssoney.  Nous quittâmes Donnas et ses vignobles accrochés, en terasses, aux parois de la montagne.  Les   montagnes en face de nous se dréssaient majestueuses et nous lancaient le défi de l'ascension .  Nous sortons de Pont St. Martin et brusquement la route grimpe, sinueuse.  Chaque tournant nous révèle un nouveau paysage.  Je voudrais m'arrêter aux cinq minutes pour immortaliser des images, mais impossible;  il n'y a pas d'espace pour arrêter et la route tourne, tourne.....;  il y a de quoi avoir du vertige, puisque à droite je suis  coincé par la parois verticale et à gauche c'est le vide.  Il faut donc continuer, et imprimer la beautée des lieux dans ma   mémoire.
 
      Les villages séculaires de ces montagnes défilent lentement, Lilianes, Fontainemore,Gaby, Issime.  Je fais attention pour ne pas froler les murs des maisons, tellement la route est étroite dans les villages.  Issime, situé dans une cuvette, nous offre de la place et nous arrêtons.  C'est la fin de la messe et il y a aussi la presence de touristes, de sorte que la place publique est  animée.

      Spontanément nous nous dirigeons vers l'église et nous admirons ce qui s'offre à nos yeux:  d'abord les fresques de la  facade qui representent le jugement dernier (c'est dantesque!) , ensuite un magnifique maître autel de style gothique en bois  polychrome;  et une fois encore à l'extérieur nous nous attardons à admirer les mystères du rosaire protégés par une "loggia".
     Tout cela semble irréel et pourtant toute une page d'histoire reflète la foi et la vie d'un peuple de montagne.
 
      Une demie heure après, nous reprenons la route; ils nous reste une quinzaine de kilomètres avant le mont Rosa.  Finalement il se revèle à nous, juste à l'entrée de Gressoney  St Jean.  Devant nous un village à l'architecture typiquement allemande        
( fondateurs les Valzer de langue allemande ) et au fond une muraille très vaste, anneigée, resplendissante au soleil : le mont  Rosa. J'ai immortalisé ce moment magnifique, avant même de monter au sommet (4634m).
 
 
 
Mont Rosa,Gressoney
                                                   
            Dans les cabines téléphériques qui grimpaient silencieusement nous admirions la beauté de la vallée, les cimes anneigées,  les troupeaux de bovins et les mansardes des bergers qui les accompagnent, quatre cinq mois de temps,  en se déplacant entre  deux mille et deux mille cinquecent mètres.
             Mais la montagne impose ses règles!  Entre le moment de notre arrivée et notre ascension (deux heures à peu près) elle a changé d'humeur.  Elle s'est abrillée de nuages très denses, et elle a refroidi les vents qui ont commencé à soufler.
Nous ne voyons plus rien à cent mètres.  Nos têtes sont dans le brouillard et nos pieds dans la neige.  Nous avons connu le mont Rosa à son naturel.
 
 
 
 Le sommet des sommets éuropéens.
 
 
 
Mont Blanc
 
 
Le clou de notre voyage ce fut le mont Blanc (4810).  J'avais fait ma première connaisance avec lui en 1987 en y  accédant   par le côté français, en partant de Chamonix.  Cette fois ci nous l'abordions par Courmayeur, ville touristique par  excellence.

          Son acces est facile, il n'y a pas des routes de montagnes à parcourir, sinon les peu de kilomètres entre Courmayeur et  La Palud, d'où on accede facilement au premier téléphérique.  C'est le départ pour une première étape, le mont Frety.  À   2180 metres nous admirons  avant tout Courmayeur et les vallées environnantes, mais  nous sômmes préssés pour nous  diriger vers un endroit unique, le Jardin Botanique Alpin le plus haut au monde  (Le Saussurea).    Les spécialistes n'ont fait  qu'exploiter un site extraordinaire, identifier les espèces et les proteger.  Jamais un picnic ne fut aussi bon comme ce jour là, au  milieu d'une nature qui ne demandait que de se faire admirer.

         Après le dinner, nous abordâmes la deuxième étape pour atteindre la pointe Helbronner (3462 metres) qui fait face à la parois est du Mont Blanc.  À cette altitude l'oeil à devant lui un horizon immense et il embrasse L'Aiguille Blanche, La dent  du Géant, les grandes Jorasses et mille autres tours granitiques aux couleurs et aux forme diverses. 
 
Mont Cervino
 
 
À cet endroit on a plus  envie de partir. Et pourtant il a fallu faire les adieux,  en jettant un dernier regard sur un univers qui viendra, de sa propre  initiative, nous visiter intérieurement au moment où nous nous l'attendons le moins  pour nous rappeller la grande intimité que  nous avons établie -pendat quelques heures-  entre nous.                       
 
Routardix
 




2 Commentaires :

Commentaire écrit le jeudi 22 avril 2004 à 08:36:16 (lien)
Sarah Gutknecht
Mais kes kon smarre bien en OC3


Commentaire écrit le jeudi 22 avril 2004 à 08:35:07 (lien)
Giuseppe
COOL!


Ajouter un commentaire

Lundi 5 mai 2003
Retour aux sources:la Grece

 

S'il y a un voyage dont je peux parler comme d'un retour aux sources, c'est mon voyage en Grèce.  Ce pays m'était familier, même si je n'avais jamais eu l'occasion de le visiter.  Pendant deux ans, j'ai pu me familiariser avec sa langue ancienne et sa littérature, comme avec son histoire.  C'était au temps de mes études classiques.  Puis vint l’époque des cours de philosophie et là, ce fut la rencontre avec les penseurs et les philosophes grecs.  De sorte qu'à la fin de mes études, je me voyais marqué par cette culture qui avait  influencé le monde romain et le monde occidental.

    En préparant ce voyage,  je me souciais donc de me mettre dans l'esprit de quelqu'un qui veut reconnaître des lieux, revivre des épopées, rencontrer des personnages que ce soit à Athènes, dans les îles ou sur les routes du Péloponnèse.  Le jour du départ, j'étais prêt et pendant tout le voyage j'ai gardé à l'esprit les mots du poète :   

 "Quand tu feras voile pour Ithaque

forme le  vœu  que le chemin soit long,

plein d'aventures, plein d'expériences.

Les Lestrygons et les Cyclopes

le furieux Poséidon, ne les crains pas,

tu ne trouveras pas de choses pareilles sur la route

si ta pensée reste élevée, si une délicate émotion

anime ton esprit et ton corps.

Les Lestrycons et les Cyclopes,

le farouche Poséidon, tu ne les verras pas

si tu ne les portes pas dans ton âme,

si ton âme ne les dresse pas devant toi.

(Constantin Cavafy, Ithaque)

Parthénon

 Il n'est pas facile de reconnaître la ville mycénienne ou les traces des Doriens qui fondèrent la ville. Mais il suffit de s'arrêter dans une coin des jardins de la ville, à l'ombre du Parthénon ou d'un monument romain et repenser à toutes les luttes, six siècles durant, affrontées par ses citoyens pour l'amener à son apogée.  Elle a  réussi un miracle en devenant le centre artistique, philosophique, commercial et industriel de la Méditerranée, fédérant le monde grec sur les deux rives de la mer Égée.  Si toutefois,  à partir des dynasties monarchiques jusqu'à l'invasion des Goths, elle perdit de son éclat, sa pensée resta un phare pour le monde romain et occidental. 

Je suis monté comme en pèlerinage sur  la Iera Odos (la voie sacrée) pour me rendre à l'Acropole.  Le temple est colossal, mais ce qui nous laisse figés, c'est la pureté du style, la beauté des colonnes et des  frises, ainsi que la splendeur du marbre à la lumière du soleil attique.  Les contemporains de Périclès qui l'accusaient de vouloir, avec ce monument, parer la ville comme une prostituée, étaient ou jaloux ou ignorants.    

Juste à côté se trouve l'Érechthéion, un élégant sanctuaire à l'architecture complexe, dédié à des cultes primitifs de l'âge de bronze.  Les caryatides d'origine qui supportaient un portique marquant l'emplacement du palais du roi Cécrops, ont été remplacées par des copies pour prévenir tout dommage provoqué par le  nefos (pollution).  Dans l'un et l'autre temple, il y avait des statues colossales de la déesse Athéna, malheureusement disparues au temps des conquêtes.  Après avoir contemplé tour à tour les Propylées et l'Athéna Niké (400 av J.C.) on entre dans le musée de l'Acropole  et on reste subjugués par la beauté féminine des caryatides (originales) et la superbe collection des Korês, le symbole le plus pur de l'art préclassique.  Athènes abrite aussi  l'Agora, l'arène politique de la cité antique, le Théiseion, le théâtre de Dionysos où étaient  jouées les pièces d'Eschyle, de Sophocle, d'Euripide et d'Aristophane.  Athènes est aussi le centre de beaux souvenirs romains, comme l'arc d'Hadrien, le temple de Zeus Olympien, la Tour des vents et mille autres représentations du monde romain et byzantin.

    Enfin, pour pénétrer un peu plus loin dans les souvenirs de l'histoire et de la culture grecque ancienne, il me restait la visite du Musée archéologique national.  Les objets exposés font comprendre les diverses périodes de l'histoire de l'art grec, mais en même temps ils nous familiarisent avec la vie quotidienne du peuple hellène.  Les archéologues, pendant  un siècle de fouilles, ont ramené à la vie toute une civilisation.

Mykonos

    1425 îles nées de la rencontre de la mer avec la montagne font partie du territoire grec.  Elles constituent la partie visible de la chaîne montagneuse à présent submergée.  Seulement un dixième d'entre elles sont habitées et chacune se distingue par une architecture, des costumes et un dialecte particuliers.  La mer ne réussit pas à les séparer tant la vie sociale et économique des insulaires y est intense. 

Ma première destination était les Cyclades, Mykonos et Pathmos.  On dit des Cyclades qu'elles sont la quintessence des îles grecques et qu'elles incarnent l'idéal type de la Grèce:  du bleu et du blanc partout.  Selon la légende, ces 39 îles portent le nom de ces nymphes qui furent transformées en rocher pour avoir refusé d'offrir un sacrifice à Poséidon.  Mais en vérité, elles doivent ce nom au cercle qu'elles forment autour de l'île sacrée de Délos.  Leur histoire s'étend sur 5000 ans.  Le musée Goulandris d'Athènes nous donne une idée de leur civilisation, dont l'apogée se situe durant l'âge du bronze (2800-1100 av J.C.).

 Durant mon séjour à Mykonos, j'ai essayé de toutes mes forces de faire abstraction du nombre faramineux de touristes et je me suis abandonné à la contemplation de son paysage.  Je me suis émerveillé devant les contrastes du ciel, des collines et la blancheur des habitations et je me suis abandonné à la détende au creux d'une petite plage sillonnée par des voiliers de passage.   Après la détente, j'ai arpenté à plusieurs reprises les rues étroites de la vieille ville; je me suis attardé au bord de mer, ( la petite Venise),  j'ai grimpé vers les moulins à vent  au sommet de la colline face à la mer, j'ai pénétré dans les sanctuaires orthodoxes aux odeurs de cierges et d'encens et surtout j'ai observé ce peuple souvent habillé de noir qui semble en harmonie avec son environnement, vivant intensément ses rites quotidiens, sans se laisser perturber  par la présence de l'étranger.  Aujourd'hui,  je regrette une seule chose et c'est de ne pas avoir fait la traversée qui m'aurait amené à l'île voisine de Délos, me privant ainsi d'admirer le trois temples d'Apollon et l'impressionnante terrasse des lions.  On a écrit de ce lieu qu’ "il baigne dans une lumière et un mystère qui n'ont pas changé depuis 500ans" .                     

Pathmos

Le navire de croisière m'a amené sur une deuxième île :  Pathmos.  Si Délos, l'île sanctuaire des Cyclades était le lieu le plus sacré pour les anciens Grecs, son alter ego, chrétien et orthodoxe est sans contexte Pathmos.  On raconte que saint Jean l'Évangéliste y séjourna et y écrivit le livre de l'Apocalypse.  Depuis l'empire byzantin, un monastère fut construit pour vénérer le saint.  Aujourd'hui, Pathmos est un centre de pèlerinage  et d'étude de théologie pour la communauté orthodoxe.

Rhodes

 Dernière étape de ma croisière : Rhodes.   C'est l’ "Île du soleil" , choisie par Hélios (dieu soleil) à qui Zeus n'avait pas attribué de territoire lors du partage de l'univers.  Hélios, parcourant chaque jour la voûte céleste sur son quadrige et voyant tout ce qui se passait sur terre, fut séduit par la nymphe Rhoda, fille de Poséidon, qui donna le nom à l'île.  Leurs petits-enfants Lindos, Camiros et Ialysos fondèrent les trois villes doriennes qui  s'unirent pour former la ville de Rhodes. Quelle merveille de la nature et quelle richesse recèlent les monuments dans cette ville et cette île !  L'histoire de cette île est aussi magnifique que celle de la ville d'Athènes (sa rivale du reste).  En fait, son histoire est une vraie épopée d'un durée de  plusieurs siècles.  Et ce qui il y a de remarquable, c'est le fait que ses politiciens réussirent à faire souvent les bonnes alliances.  En mettant pied à terre, on fait face aux remparts et à la forteresse construits par les chevaliers de St-Jean de Jérusalem (1248) qui entourent la ville moyenâgeuse. C'est la ville médiévale de l'orient.  Un peu plus loin, je suis allé à la rencontre de Lindos.  Et encore une fois,  je me suis retrouvé devant deux merveilles, (sans compter la beauté du site face à la mer) la cité médiévale de Lindos,  bien conservée, et les vestiges de l'acropole antique qui devait certes faire compétition à celui d'Athènes.

Le Péloponnèse

    La dernière étape de mon périple en Grèce devait être un  bref tracé historique du Péloponnèse.  J'avais choisi, en repassant par Athènes, de traverser le canal de Corinthe, me diriger vers Épidaure et Mycènes, de traverser  le golfe de Corinthe pour rejoindre les sanctuaires de Delphes et des Météores.  Je me suis contenté d'entrevoir l'Acrocorinthe, l'ancienne ville forteresse de Corinthe, dont nous connaissons la célébrité seulement par les documents d'historiens ; elle fut rasée par les Romains en 146 av. J. C.  C’est là que j’ai effectué mon premier arrêt à Épidaure. 

Théatre d'Épidaure

    Nous venions à peine de traverser la  courte chaîne de l'Arachnéon quand nous nous retrouvâmes soudain au pied  du plus célèbre théâtre du monde. Son architecture et son acoustique n'ont jamais été égalées.  En fait, il reste un symbole pour tous les artistes dramatiques du monde.  Mais ce qui est le plus impressionnant, c'est cette aura mystique propre aux lieux sacrés qui se dégage de l'endroit.  La présence apaisante d'Asclépios, le fils médecin d'Apollon, dont le sanctuaire est à proximité, plane toujours sur les ruines. 

 Dans les premières heures de l'après-midi,  j'étais devant les ruines de Mycènes.  Les habitants y avaient construit une ville fortifiée entourée de murs cyclopéens.  En traversant la porte des lions ou en rentrant dans le tombeau d'Agamemnon ou encore en regardant les ruines de l'endroit, on respire la tragédie.  Est-ce le souvenir de la rude Clytemnestre qui fit assassiner son mari Agamemnon à son retour de Troie?

    Le lendemain, je me suis retrouvé à un endroit plus serein, apaisant:  Delphes. D'abord le décor est majestueux, à cause des montagnes, des vallées et de la végétation. Ensuite le site s'impose par le nombre, la beauté et la diversité des monuments et à cause de son histoire, d'emblée placée sous le signe de la violence, puisque Apollon s'empara du sanctuaire en tuant le Phyton  qui y était vénéré.  C'est dans ce sanctuaire que l'oracle influençait  le sort politique, économique et guerrier des peuples des cités de la Grèce antique. C'est un endroit que l'on quitte avec regret.

Ultime étape, les Météores.  En venant de Trikala, située dans la plaine, soudain, après un virage, surgissent 24 formations rocheuses dressées vers le ciel.  On reste comme de pierre tellement le spectacle est d'une force impressionnante.  En s'y approchant, une autre surprise nous émerveille.  Sur chaque rocher, des moines ermites y ont construit des monastères.  Les falaises sont tellement à la verticale qu'on se demande comment ces moines ont fait pour réaliser des constructions aussi imposantes. Ils s'appellent Haghios NIcolaos, Haghios Varlaam, Haghia Trias, Haghios Stéphanos et tous nous parlent de la foi de ces religieux qui ont implanté et prêché le  christianisme dans la Grèce profondément païenne.  Voilà des hommes qui sur terre ont essayé, en milieu hostile, dans la solitude et la prière, de s'approcher du ciel.

Météores

Mon rêve finissait ici .  Au retour,  j'étais extrêmement heureux d'avoir retrouvé un passé qui m'était si cher.

Routardix




Lundi 5 mai 2003
Organisation sociale chez les Marbas

Deux grands clans composent la tribu, chacun gouverné par un grand chef. Le clan, c’est la grande famille à l’intérieur de laquelle se retrouvent les cellules familiales des hameaux. La famille est partie constituante du clan et elle déborde des rôles qui sont propres à notre civilisation.  Étant donné que le mariage institutionnel est la polygamie, la famille est plus grande et le cercle des relations plus vastes. Les anciens choisissent le chef du clan, les chefs de chaque hameau et ils règnent en patriarches et en sages sur chaque famille pour protéger les lois et la tradition.

Les anciens exercent d’autres fonctions, comme celle de "chef de la terre"(Sama Andagada), de "la pluie" (Sama Ge Alona), des "initiations" (Sama Lebeda). Les Anciens président à la vie quotidienne : ils donnent le nom aux nouveaux-nés, choisissent les époux, règlent les palabres familiales, jugent les coupables, président aux initiations, discutent les dots, participent aux sacrifices, décident des honneurs à accorder aux défunts, recourent aux devins, etc.

Residence familiale:Cases

Notion du temps : Les Marbas ne connaissent ni le quartz, ni les piles chimiques, ni les balanciers, ni les cadrans solaires. Pour les Marbas, le temps ce sont les événements, les saisons (sèche et mousson), les lunes, les jours et les nuits qui se suivent depuis des millénaires et que les Anciens racontent (tradition orale). Les événements deviennent des faits de référence pour se souvenir.  Les saisons imposent à la tribu des travaux de subsistance (mousson : culture de riz, millet, igname, etc.) et des travaux d’organisation familiale ( saison sèche : construction de cases, fabrication de sekos, etc.). Les lunes sont l’horloge qui rappelle les faits ainsi que le font les événements.  Le "chef de la terre" les compte pour annoncer à la population quand commencer les fêtes de la moisson ou les travaux des champs. Les Anciens dans les familles comptent les lunes pour garder vivante l’histoire de la famille. Les jours appartiennent aux vivants, les nuits aux défunts et aux sorciers. (Suma Matna et Suma Accuda).

Activités réglées par le temps : pendant la mousson, les hommes partent aux champs,les femmes vont à la recherche d’eau, pilent le riz pour l’unique repas du soir et elles s’occupent des enfants ( notez que tous les travaux sont catalogués et sacrés pour chaque sexe). Après la récolte, les hommes s’attellent à des travaux de réparations, tandis que les femmes ajoutent à leur travaux habituels la fabrication d’ustensiles domestiques (calebasses, etc.).  Les soirs de pleine lune, (saison sèche plus propice) les hameaux dansent : la "djoga" pour les petites filles, "l’adjoda" pour les femmes mariées, les "ndagala" et "andula" pour les hommes et les femmes. Une fois semaine, selon le rituel établi, les femmes se rendent aux marché de brousse (échange de denrées et occasion de retrouvailles). En janvier et février, les hommes partent à la chasse. D’autres jours, tout le hameau se retrouve à la pêche. C’est le hameau qui bouge, s’amuse, récolte et partage.  Vers douze ans, les garçons sont acceptés dans le monde des hommes, après l’épreuve du "lebeda" et les filles sont proposées en mariage. La tribu se retrouve toujours aux mariages, aux funérailles et à la fête de la moisson (Vuntil Marbana).

 

Enfants de la brousse

Voilà en quelques mots la vie simple et sereine d’un peuple qui, pendant des millénaires, est resté replié sur lui-même, mais bien structuré pour faire face aux événements de la nature et de la vie.  Chez les Marbas, le temps s’inscrit en cohérence avec l’organisation sociale et culturelle. Et leurs Anciens sont la mémoire de la tribu et le chronomètre de tous les événements. Aujourd'hui, l'arrivée des religions chrétiennes et musulmane, l'intrusion de la radio l’amélioration des communications et leur accessibilité sont venues certainement perturber une vie restée statique pendant des millénaires. Quelles en seront les conséquences?

Paysage Tchadien

Routardix




Lundi 5 mai 2003
Chez les Marbas du Tchad

 

Tchad

 

 Je ne conaissais du Tchad que le nom. Tout le désavantageait par rapport à certains autres pays du continent.   Non seulement il était coincé au sud du Sahara, entre le Niger, le Caméroun, le Soudan et la République Centre Africaine, mais il était désavantagé aussi par la pauvreté de son territoire.   Soixante pour cent du pays fait partie intégrante du désert saharien, dont les seuls richesses sont les mines de sel du Tibesti  et les eaux poissonneuses du lac Tchad.   Et l’autre quarante pour cent, le sud, se prête à peine à une culture saisonnière.

 Le Tchad était désavantagé autant du point de vue politique et éthnique. D’un côté les arabes plus fortunés et musulmans, de l’autres des tribus de race noire, pauvres et animistes (cette division socio-politique devait être la cause des guerres civiles, pendant deux décennies, dès les années ’70) . Du reste, il faut le rappeler, la création de ce pays, ainsi que celle des pays limitrophes, avait été tout à fait factice. Lors de la Conférence de Berlin, en 1865, les puissances européennes se partagèrent cette zone de la manière suivante : l’Allemagne occupa le Cameroun; l’Angleterre le Soudan et le Nigeria; le roi Léopold II, le Congo Belge; enfin, la France se vit attribuer la République Centre Africaine et le Tchad.

Fleuve Logone

L’exploration du territoire marba, bien qu’il soit minuscule, ne fut pas l’affaire de quelques semaines, mais plutôt de plusieurs mois, car il n’était pas question pour moi d’en connaître seulement les limites géographiques, mais aussi les villages, les gens et les moeurs de la tribu marba.  Géographiquement, le territoire s’étendait sur une cinquantaine de kilomètres, de l’est à l’ouest et autant du nord au sud.  La route Pala, Kelo, Lai délimitait le territoire au sud, le fleuve Logone délimitait le territoire à l’est et le territoire de Pala le délimitait à l’ouest.

Le territoire était à l’image de la zone sahélienne africaine, avec le seul avantage qu’il pouvait profiter des inondations du Logone pendant la saison des pluies. Des pistes sablonneuses séculaires parcouraient le secteur dans tous les sens, facilitant ainsi la communication entre les hameaux. Bien sûr, les choses étaient différentes au temps des inondations quand la boue (potopot) rendait les routes presque impraticables.  Pendant les huit mois de la saison sèche, les habitants pouvaient cultiver le coton (culture introduite par les Français), tandis que pendant la mousson, ils pouvaient s’adonner à la culture céréalière, surtout le riz. Vous comprenez que si, pendant la saison pluvieuse, le Logone ne débordait pas, c’était la famine. Une population de 50 400 habitants était éparpillée dans 150 villages et hameaux, les uns éloignés des autres par quelques kilomètres à peine.

Chef de Famille

Cette tribu était repliée sur son territoire depuis des siècles, en gardant jalousement sa langue et ses coutumes et ne frayant avec les Nanchere, les Lele, les Ngambay et les Mesme qu’à l’occasion des marchés de brousse.  Politiquement parlant, depuis que les gouvernements avaient essayé de créer une certaine unité dans le pays, le territoire marba était divisé en deux districts, celui de Kolon et celui de Bachoro. En créant ainsi des districts, le gouvernement avait su respecter les chefferies locales, détentrices du pouvoir qui leur était accordé depuis toujours par la tribu.

Routardix





1 Commentaire :

Commentaire écrit le jeudi 2 février 2006 à 09:04:25 (lien)
Djeigne DAHANE
Bon, Blog!


Ajouter un commentaire

Lundi 5 mai 2003
Du Caméroun au Tchad

La mer était toujours calme à l’approche du Cameroun, toutefois le vent du large n’était pas aussi frais que les jours antécédents; cela sentait l’orage. Douala me fit un accueil "torride". En descendant du bateau je sentis l’étouffement de l’humidité écrasante de l’endroit; c’était l’équateur!

 

Douala

Cette fois, j’avais quelques jours à ma disposition et j’en profitai, avant tout, pour explorer la végétations tropicale des alentours. C’était incroyable comme la végétation était dense et luxuriante! Tous les jours une pluie chaude venait me soulager du sauna humide dans lequel je baignais. Les gens m’expliquèrent combien il était facile pour les indigènes de faire trois ou quatre récoltes par année, et que dans cette région du Cameroun, les gens, à l’encontre de ceux du nord, ne souffraient jamais de famine. Mon voyage vers le sud du Tchad m’obligeait à traverser tout le Cameroun, du sud au nord; je devais donc m’y préparer.

Je connaissais peu le Cameroun - comme l’Afrique du reste-.   Je savais que ce pays venait d’obtenir son indépendance en 1960, qu’il avait été sous mandat français depuis 1916 et qu’il avait été occupé par les allemands et les français de 1914 à 1916, après le traité franco-allemand  de 1911. Mais je ne connaissais pas ce qui me mettrait à l’épreuve pendant une semaine de temps, entre Douala et Moundou. Après quatre jours de préparatifs, je pris la route, au volant d’une camionnette Peugeot, avec des bidons  d’essence, deux bidons d’eau et des vivres, bien protégés dans des caisses métalliques. J’avais bien à faire au moins 1500 kilomètres avant d’atteindre ma destination, Moundou, chef-lieu du Sud-Tchadien.  
La première journée, j’ai allègrement traversé la plaine côtière, entre la mer et les chaînes massives Adamaoua, en jouissant de la belle végétation. La route était convenable, bien que me réservant souvent des surprises: crevasses énormes, trous d’eau. En réalité, je m’aperçu, en fin de journée, que j’avais parcouru à peine deux cents kilomètres. Si tout allait bien, à ce rythme, j’allais atteindre ma destination dans six ou sept jours. À l’approche des chaînes volcaniques Adamaoua, je vis au loin le volcan Cameroun.
 
 Le paysage changeait complètement; la végétation se raréfiait; un sol rocheux ainsi que des zones de savane remplaçaient la végétation tropicale.
La route était impossible et poussiéreuse. La chaleur devenait de plus en plus intense; il n’y avait aucun point d’eau à l’horizon; les quelques commerces tenus par des arabes dans des petites villes comme Knogzaba, Yoko ou Tibati, n’avaient pas d’eau potable à offrir. Celle que j’avais était désormais très chaude et touchait à sa fin. Le jour où mon eau et mes provisions furent terminées, je vis, à la sortie d’un hameau des cases rondes, des bâtiments blancs et une petite église. J’ai eu la réaction de m’arrêter et de frapper à la porte de la mission. Je fus accueilli par des religieuses de nationalité québécoise, à bras ouverts. Non seulement elles me servirent un bon repas, mais elles me donnèrent quelques provisions pour la journée, en me conseillant de m’arrêter à Garroua, où je trouverais tout ce qui me manquait pour continuer ma route. Mais quelle incroyable et émouvante rencontre, au coeur du Cameroun, dans un lieu si isolé! Ces trois ou quatre femmes se dévouaient aux Camerounais en enseignant aux enfants et en faisant des projets auprès des femmes. Vraiment, elle me redonnèrent du courage pour continuer ma route.
 
Dans cette partie presque lunaire du Nord-Cameroun, je ne rencontrais que des tribus primitives, parfaitement adaptées au climat de la région. Elles avaient les connaissances suffisantes pour vivre de l’élevage de bovins et ovins et satisfaire ainsi les besoins de leur clan. Les produits de l’élevage leur permettaient de faire l’échange de produits céréaliers indispensables à leur alimentation.
 
Tout au long de ces routes, je ne fus jamais seul. Je rencontrais des petites filles chargées de "burmas" sur la tête, qui revenaient des points d’eau à leur hameau, après des heures de marche. Je croisais les femmes, avec des denrées sur leur tête, qui se dirigeaient vers des marchés de brousse. Je croisais des hommes, souvent appuyés sur leur lance, portant une peau de cabri sur leurs reins, qui se dirigeaient vers leurs champs ou vers un autre hameau pour régler le mariage de leurs enfants.

Quand, à la fin de la cinquième journée, je traversai la fron-

tière symbolique entre le Cameroun et le Tchad, je ne vis

aucune différence entre les indigènes qui marchaient le

long des routes. Une seule chose avait changé; il n’y avait

 plus aucune montagne, mais un haut plateau qui annonçait

un coin de pays moins sauvage et prospère. Mon plus beau

souvenir, ce soir là, à la mission de Léré, premier petit

 centre tchadien, fut  de voir le beau couché de soleil sur le lac,

 situé en face du village, et les mastodontes qu’

étaient les hippopotames qui s’y baignaient. C’est ainsi

que se terminait un périple de vingt trois jours qui, de

Marseille, m’avait conduit au Tchad, ce pays qui serait le mien

 pour les cinq prochaines années.

 

 

Routardix

 

 



Un blogue Voyages par Mon Blogue.com

Découvertes

MENU
accueil
Derniers messages
Faites connaître ce blogue
archives


Un blogue de :
Routardix
Routardix

Liens

Catégories
voyages