Routardix:

Publié le jeudi 1 mai 2003

Jeudi 1 mai 2003
De Marseilles au Caméroun
 
C’était l’heure du coucher de soleil. Je m’étais mis debout sur le pont arrière du navire, et je voyais la ville de Marseille s’éloigner doucement. 
 
Marseilles
 
 
 Je revoyais, en haut de la ville, le sanctuaire de Notre-Dame de la Garde que j’avais visité à pied, quelques jours auparavant. Je revoyais aussi les rues étroites qui, en partant du bord de mer, remontaient sinueuses sur les dorsales des collines environnantes . Tout semblait s’embraser dans une lumière dorée, et les fenêtres scintillaient comme des étoiles. C’était les dieux qui m’annonçaient un voyage heureux vers  l’Afrique...
Au moment où la terre disparut à l’horizon, je me sentis ému à la pensée que j’avais quitté les miens et l’Amérique, et que maintenant je quittais pour la troisième fois l’Europe, vers une terre inconnue... J’étais ému; j’avais le cafard; je sentais une vague de solitude me gagner et des larmes envahir mes yeux.  Le Jean Mermoz voguait déjà à toute vapeur, dans le noir, sur les eaux agitées de la Méditerranée, vers le sud-ouest. J’ai regagné ma cabine en pensant que je serais son invité pendant une quinzaine de jours.
 
Au réveil, ma première réaction fut de monter sur le pont; quelle ne fut pas ma surprise lorsque je vis que j’étais escorté par la terre, au nord et au sud. À ma gauche, les austères et périlleuses montagnes de l’Atlas, ainsi que la minuscule possession espagnole de Ceuta,tombaient à pic sur la mer; à ma droite, Gibraltar, cette forteresse inexpugnable,qui cachait dans ses entrailles les armes les plus sophistiquées de la puissante Albion, y détenait les clés du détroit et le contrôle de la Méditerranée.
 
Sur le coup de dix heures, je mettais les pieds à terre : Casablanca!
D’un côté, les coupoles des mosquées, les minarets, les hommes attablés devant les cafés et les femmes mi-voilées, m’annonçaient le Magreb. D’un autre coté, les avenues flanquées d’édifices modernes, à prédominance art déco, et la présence d’européens, me rappelaient que je n’avais pas encore quitté totalement l’Europe. La preuve? Ces jeunes vendeurs de montres et de camelotes qui m’approchaient avec un excellent français. Vers le milieu de l’après-midi, le Jean Mermoz reprit sa route sur l’Atlantique, en direction du sud.
 De mon observatoire, j’ai vite remarqué deux choses qui m’ont fasciné pendant le reste du voyage : la mer qui était d’un calme extraordinaire et la lumière qui devait piger sa couleur veloutée du sable du Sahara voisin.  Vers la fin de la journée, nous frôlâmes les Canaries et puis, sous un ciel étoilé, confortablement installés dans nos cabines, nous longeâmes le Sahara espagnol, la Mauritanie et une portion de la côte sénégalaise.
 
 Au moment où le soleil approchait à son zénith,nous faisions notre entrée dans le port de Dakar.Dès les premières minutes, je m’aperçu que j’arrivais en Afrique. Le port avait une apparence bien rudimentaire, avec des grues de la première génération; le déchargement était assuré par des filets qui pouvaient casser à tout moment; le déplacement de la marchandise était effectué manuellement et un grand nombre de débardeurs déplaçaient des énormes charges sur leur dos. Oui, c’était l’Afrique, puisque je ne remarquai que quelques visages basanés et peu de visages blancs.
 
Cette fois, je descendis à terre et je me mis à  marcher avec l’intention de me perdre dans la ville,pour mieux l’explorer. À part quelques rues qui affichaientles édifices administratifs du pays, toutes les autres étaient enterre battue, poussiéreuses et gondolées. Les édifices, pour la très grande majorité, étaient en briques de terre (potopot), cuites au soleil. Toutefois, l’animation était très grande : piétons, velos, ânes, charrettes, vendeurs... Les couleurs,
les odeurs, les bruits, tout était surprenant ! Je remarquai tout de suite l’habillement des arabes du pays en boubous et béret blancs, tandis que les autres hommes portaient un semblant de tenues occidentales, sales et en lambeaux; il y avait là deux classes. Les femmes indigènes, elles, portaient des pagnes et des couvre-chefs flamboyants. Beaucoup d’entre elles portaient des charges sur leur tête; elles se dirigeaient, d’un pas assuré, vers le marché de la ville. Il ne me resta alors qu’à suivre le flot de ces vendeuses, pour me retrouver, dix minutes plus tard, au coeur d’un marché africain.
 
Dakar
 
 
 Des milliers de personnes fourmillaient dans un vaste rectangle; des points de ventes s’alignaient au sol sur des espaces très limités; les hommes négociaient les prix de leurs cabris ou ânes; les femmes négociaient les prix de leurs denrées; mais tous semblaient éprouver un grand plaisir à échanger leurs biens, et cela, malgré le soleil du midi, malgré la poussière et les odeurs irrespirables de l’endroit. Je venais de voir le plaisir qu’ont les africains à fréquenter les marchés en plein air. Je venais de m’apercevoir que, pour eux, le marché était une activité économique, mais surtout sociale qui leur permettait d’être bien informés sur tous les événements de leur
communauté, leur ville et même de leur pays. Le soleil dardait et il était temps que je regagne mon paquebot dont la prochaine destination était la Guinée.
 
C’était le temps où les pays africains se libéraient du joug des
colonisateurs. Certains d’entre eux s’étaient bien tirés d’affaire, parce que les pays européens avaient investi beaucoup dans l’éducation, le développement économique et les structures politiques. Ce fut le cas du Maroc, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, etc. D’autres sortirent de leur indépendance terriblement diminués; pour certains pays ce fut tout simplement le désastre!La Guinée, elle, choisit le chemin du communisme en donnant àla Russie la possibilité de jeter ses racines en Afrique.
 
Ce fut vers l’après-midi que je mis les pieds dans la ville de Conakry. Dès les premiers pas, je m’aperçu que j’étais dans un  pays communiste. Des soldats patrouillaient les rues dans une ville qui semblait sortir d’une guerre, tellement la désolation était présente partout : les rues semblaient avoir été défoncées par les bombardements; les commerces étaient presque inexistants; les Africains, joyeux et exubérants de nature, marchaient avec une mine triste. Ma visite fut de courte durée, car non seulement je faisais étrange dans le décor, mais je craignais à ma sécurité.  Prochaine étape, très courte, le Libéria. Le bateau se présenta devantle port de Monrovia et resta au large, juste le temps de descendre quelques marchandise. Cela me donna l’occasion de voir à l’œuvre des dizaines de grues géantes qui chargeaient les minéraux accumulés sur les quais. C’étaient les Américains qui dépouillaient ce pauvre pays!
 
Enfin, le lendemain, m’attendaient de beaux moments. Le bateau ralentit sa course et pénétra à l’intérieur des terres. La végétation y était luxuriante; les eaux étaient sillonnées par degrandes pirogues de pêcheurs; et au fond de la baie, Abidjan nous faisait face dans toute sa splendeur. Oui, pour l’Afrique, on peut parler de splendeur. La présence française dans ce pays avait été très bénéfique.
 On le voyait aux magnifiques édifices, aux rues bien asphaltées, aux commerces florissants et par le nombre encore très grand de citoyens français. Beaucoup d’Africains étaient habillés à l’européenne et même leurs quartiers reflétaient la prospérité. À ce moment là, la Côte d’Ivoire se faisait remarquer par son niveau culturel et économique (exportation d’acajou, café, cacao, bananes, manioc). Ma visite dans cette ville me fit voir une autre facette de la réalité africaine.
 
 
 
Abijan
 
 
 Les Français n’avaient pas seulement été présents en Côte d’Ivoire, mais ils l’avaient préparée à un bel avenir. Le chef d’état Houphouet-Boigny fut le politicien éclairé, non seulement de son pays, mais de toute  l’Afrique, des années durant.
 
De retour au bateau, m’attendait touteune surprise! Depuis Marseille, tous les ponts du navire avaient été occupés par des européens; un certain nombre étaient descendus à chaque escale et d’autres allaient à Lomé, Lagos, Douala et les derniers devaient descendre à Louanda, au Congo. Sur le bateau, je fus accueilli par un brouhaha incroyable: c’étaient des centaines d’Africains qui s’installaient sur les ponts, pèle-mêle, avec leurs enfants et bagages. Je venais de perdre mes ponts, mes observatoires préférés, où la nuit venue, j’allais explorer les étoiles de l’hémisphère sud. Toutefois, je me ressaisi vite, en me disant que ce serait mon baptême africain parmi ces nouveaux arrivés. Donc, pendant les quatre jours qui me restaient en mer, j’ai essayé d’établir quelques relations et de comprendre leurs habitudes. J’ai vite remarqué leur comportement bon enfant, leur tempérament extraverti et leur frugalité, ainsi que la diversité de leurs langues et de leurs costumes. Je compris que j’allais mettre pied sur un continent vivant aux antipodes de l’Europe et de l’Amérique.
 
 
Routardix



Jeudi 1 mai 2003
De Rome à Munster

 


Munster, la conaissez –vous?   Je ne crois pas;  et bien moi non plus je n’en savais rien de cette ville allemande presque à la frontière de la Hollande.  Qui aurait pensé que j’y passerai les  vacances d’été de 1959 ? 
En voilà l’explication : mes études en histoire éxigeaint si non la recherche au moins de l’approfondissement; de là
l’importance pour que je me familiarise avec la langue allemande.
Au début de juillet 1959 je me
suis mis en route vers Munster. 
 
 
 
Assisi Basilique S.François
 
 
 Premier arrêt : Assisi. 
 
Cette petite ville de l’Ombrie exerçait un magnétisme sur moi.  Ce n’était pas la première fois que je m’y arrêtais.  Elle est une des plus jolies villes de l’Ombrie, avec Perugia, Spoleto, Gubbio.  Son cadre naturel me fascinait.  Déjà en déscendant du train mon l’oeil était attiré par cette montagne rose qui lui fournit la matière première de ses constructions et qui a la particularité d’illuminer ses murailles  de mille feux à chaque couché de soleil.  La breve distance entre la gare et la ville, entre la plaine et la montagne devrais-je dire, ravivais toutes mes émotions, puisque « Il Poverello »( Le Petit Pauvre) en avais fait le lieu ( La Porziuncola : à l’intérieur de Notre Dâme des Anges) de recrutement de ses premiers disciples et de sa mission évangélique.

C’est lui, Saint François, qui a rendu célèbre cette ville, puisque
malgré lui, il en fait le centre spirituel du renouvellement de la
chrétienté au moyen-âge, avant même le Concile de Trente.   
Il y a une atmosphère de recueillement presque monastique dans cette ville à nulle autre comparable.  Et puis les pièrres qui sont là depuis des millénaires parlent de l’antiquité et de la vie du Saint.
Tenez, rendez-vous à la grande place  et vous faites face au Tempio di Minerva d’un côté, à la Pinacoteca Comunale de l’autre avec une magnifique collection de peintures ombriennes.  Prenez le Corso Mazzini et vous rencontrez à quelques centaines de mètres la Basilica Santa Chiara, une austère église gothique où est ensevelie Santa Chiara. 
Un kilomètre plus loin vous rencontrerez le monastère de San Damiano,un des premiers monastère françiscain niché dans les oliviers centenaires.  Et puis si vous voulez vous régaler encore de l’art du moyen-âge, visitez le Duomo de San Rufino (XIIème sc.) ou encore la Rocca Maggiore, forteresse reconstruite en 1367.  Mais le monument d’Assisi reste La Basilica di San Francesco.   Sa construction commença  seulement deux ans après la mort du saint ; toutefois la célébrité de ce dernier était tellement grande que les artistes du XIII siècle sont venus pour y laisser  leurs chef-d’oeuvres.  C’est ainsi que nous reconnaissons là (dans la crypte comme dans  l’église gothique supérieure,1230-1253) Cimabue, Simone Martini, Lorenzetti et le grand maître de l’époque Giotto, dans la Vie de Saint François.

Duomo
 
Deuxième arrêt : Florence. 
 
Le train  me révéla  toute l’harmonie des paysages ruraux et la richesse artistique et historique de cette région.  Hameaux et fermes isolés parsèment les vignobles et les oliverais des collines toscanes, où chateaux et villes fortifiées portent le témoignage des guerres entre communes voisines qui déchirèrent l’Italie pendant le Moyen Age.   Mais elles gardent aussi les souvenirs de cette époque qui marqua la Renaissance Italienne, phare de l’Éurope toute entière.  Je suis entré dans la ville l’après-midi par les collines entourant Fiesole; elle resplendissait  à mes pieds.
Je n’ai pû m’empêcher alors de faire dérouler son histoire devant mes yeux : je revis les romains ( ’59 av. J.C.) batissant le premier campement; je revis les Lombards qui la conquirent au VIe siècle; j’ai repensé aux troubles innombrables qu’elle dû subir pendant tout le Moyen Àge pour acquerir son indépendance.  Mais je me suis surtout souvenu de sa période faste qui fÎt d’elle, à partir du XIIIe siècle, une grande ville de finances et de commerce.  J’ai repensé à tous ces patriciens, en particulier les Médicis, qui firent d’elle, pendant trois siècles, le centre de la culture éuropéenne, le lieu de rencontre de peintres, sculpteurs, architectes, les batisseurs des monuments qu’elle nous offre aujourd’hui.  Dès le lendemain matin j’étais près du dôme  Santa Maria del Fiore. Et de la Piazza San Giovanni et puis de la Piazza del Duomo je me suis mis à contempler les oeuvres sublimes qui s’offraient à mes yeux : il Duomo Santa Maria del Fiore le Battistero, le Campanile et la Coupole de Brunelleschi.  Quelle merveille architecturale!  Quelle choix de marbres décoratifs! J’ai ensuite terminé ma mattinée devant les portes du baptistère que Michel Ânge baptisa « Les portes du Paradis ». C’est un livre biblique en soi, dont la perfection sculpturale touche la perfection. 
 
L’après-midi je l’ai consacré à la Piazza della Signoria, coeur de la vie sociale et politique de Florence, puisque c’est là qui se tenait le « parlamento » (réunion du peuple),mais aussi les éxecutions
capitales. En tournant le regard on contemple tout simplement le Palazzo Vechio, et puis le David de Michel Ange (1501), la fontaine
de Nettuno d’Ammanati(1575), le Persée de Cellini (1554). 
Comme le temps passe trop vite à Florence! ( il faut y retourner et
retourner!) Alors  je me suis contenté de terminer ma journée à Santa Croce, pour consacrer le lendemain au Palazzo degli Uffizi.  Santa Croce est un bijou de l’art gothique (1294). Il faut la visiter pour cette raison, mais surtout parce qu’elle abrite les tombeaux de maints Florentins célèbres tels que Michel Ânges, Galilée, Macchiavelli. 
Et puis des grands (Giotto et son disciple Taddeo Gaddi), y peignirent au début du XIVe siècle les fresques radieuses  qui décorent plusieurs de ses chapelles, sans oublier la Cappella dei Pazzi créée par Brunelleschi, un joyaux de l’architecture de la Renaissance.
 
 
Ponte vecchio

Le lendemain matin, comme prévu, je me suis rendu à la Galleria degli Uffizi. Créée en 1581 par le grand François premier, à partir de ses collections personnelles, la Galerie des Offices offre l’occasion
d’admirer le plus bel ensemble de peinture de la Renaissance italienne du monde.  Au cours des siècles, les plus grands maîtres de toute l’Europe ont travaillé pour les Médicis qui n’ont cessé d’enrichir la collection jusq’en 1737, où Anne-Marie Louise, dernière de la dynastie la légua au peuple de Florence.  Le Bachus adolescent de Caravage
(1589), l’Annonciation de Simone Martini (1333), la Vierge à l’Enfant de Giotto (1310), la Vénus de Titien (1538), la Naissance de Vénus (ma préférée) de Botticelli (1485), le Printemps de Botticelli (1480), l’Annonciation de Léonardo da Vinci (1472), sont tous dans ce sanctuaire magnifique de la Galleria degli Uffizi.
Cenacolo L. Vinci
 
Troisième arrêt : Milano. 
Chose curieuse, cette ville n’ a jamais suscité d’enthousiasme chez moi, tout simplement parce que je l’ai regardé toujours comme une ville mercantile et que le mercantilisme n’a jamais été mon fort.  Mais je me dois d’être plus objectif  et reconnaître qu’elle mérite d’être visitée.  Reconnue comme le centre italien de la mode, de la finance, de l’industrie, Milan est une ville plus élégante que réellement belle. 
 
Elle doit son nom, Mediolanum ( pays du milieu) aux Celtes qui la fondèrent au Ve siècle av. J.C.  Conquise par les Romains en 22 av. J.C. elle n’a cessé depuis de jouer un rôle commercial de premier plan et de susciter les convoitises tantôt de la France, tantôt de l’Empire Germanique, tantôt de l’Espagne.  La ville a grandi en cercles concentriques autour du Duomo et l’ancien centre médiéval où se trouvent les monuments  les plus significatifs.

Pour ma visite je m’en suis tenu au Castello Sforza, (XVe s.) un
magnifique palais Renaissance qui abrite une magnifique sculpture de Michel Ange (La Pietà Rondanini), à l’église Sant’Ambrogio (IVe s.), de style roman, et à Santa Maria delle Grazie du maître Bramante, dont une salle du couvent dominicain renferme le fresque de la Cena de Léonardo da Vinci, pour consacrer le meilleur de mon temps au Duomo.
Cette gigantesque cathédrale gothique, ( 157m par 92m)  dont la construction commença en 1386, ne fut terminée que cinq siècles plus tard sur ordre de Napoléon (!)  Son style gothique  ( comme celui du dôme de Siena du reste) est loin de ressembler à celui des cathédrales de France.  Je l’ai vite constaté par l’abbondance de son décor.  Je suis monté par l’interminable escalier qui mène sur son toit et je me suis retrouvé devant une forêt de marbre, 135 flèches et plus de 2000 statues qui s’élèvent vers le ciel.  Allucinant, carrément allucinant !
 
 
Quatrième étape : sur les eaux du Rhin. 
 
Vers la fin de la journée j’ai repris le train  qui devait m’ammener en sol allemand.  J’aurais pû continuer en train jusqu’à Munster, mais puisque la chose était possible, j’ai utilisé le billet férrovaire, pour embarquer sur un bateau qui remontait le Rhin, la journée durant,  jusqu’à Cologne.  Je n’ai plus souvenir de la petite ville où j’ai commencé mon voyage fluvial, mais je crois que c’était à la frontière entre la Suisse et l’Allemagne du sud.
 
Après des journées passées dans les musées et les temples italiens, je commençais ce matin-là un parcour au contact de la nature.  Toute la journée ont défilé devant moi les douces collines rhénanes, les vignobles  déjà chargés de raisins,les villages regroupés autour d’églises aux flèches élancées, les
chateaux médiévaux entourés de nombreuses tourrelles, pendant
que les valses de Straus remplissaient l’air chargé de parfums. 
Quelle journée de rélaxation!  Et comment pourrai-je l’oublier?

En fin de journée j’eus à peine le temps  de visiter la cathédrale
de Cologne encore profondemment bléssée des bombardements
de la guerre et de me rendre compte que le gothique allemand
avait lui aussi sa personnalité, que je devais reprendre le train qui
m’amménerais deux heures plus tard à déstination, Munster.
Trois mois ce n’est pas grand chose pour apprendre l’allemand;
mais comme Munster n’avait rien pour me distraire, j’ai réussi au
moins à pouvoir m’exprimer pour les choses  courantes et à
comprendre assez bien les testes en rapport avec  mes études.
La pratique devait  faire le reste.
 
 
Munster
 
Aujourd’hui que j’ai oublié la langue Allemande, il me reste un souvenir, celui de la bière, des saucisses, de la choucroute, du yaourt et de la bonne humeur des allemands une bonne humeur toute nordique que l’on comprend seulement quand on réussit à parler leur langue.

Routardix





2 Commentaires :

Commentaire écrit le mardi 6 avril 2004 à 14:08:47 (lien)
yuipi
ndfuiwbfuibabdfiybFYBCCYHHHSAYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZMANGER DE LA MARDE


Commentaire écrit le mardi 6 avril 2004 à 14:07:50 (lien)
jfewnoiwernf
njirgniojg;njoinfjondjoafnf


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Jeudi 1 mai 2003
Souvenirs romains

     Rome,Place St. Pierre

Une fin d’après-midi de l'été 1957, j’embarquais à Montréal sur l’Homeric en direction de ma vielle capitale, Rome.   

 
Quel cadeau du ciel de pouvoir profiter pendant deux ans de la beauté de cette ville!  
  
Une fois rendu à Rome je me suis appliqué à mes études, mais j’ai su aussi profiter des richesses que m’offrait cette ville incomparable. Jamais de ma vie j’ai eu tant de  plaisir  comme dans cette ville.  
 
Elle me sollicitait à tout instant par tout ce qu’elle étalait devant mes yeux.   Je crois me souvenir avoir consacré tous les jeudis et dimanches après-midi,  à quelques exception près, aux visites de la ville.
 
Des fois je me retrouvais dans le centre antique de Rome et je m’attardais sur le Palatin où dans le Forum romain ou encore le Forum de Trajan. 
 
 
Forums Impériaux
 
D’autres fois je changais de  quartier et je visitais  les église baroques très nombreuses. Certains  après–midi je me sentais attiré par des musées et alors j’allais à celui du Capitol ou du Palazzo Doria Panfili ou encore voir le petit bijou de la  Villa Borghese.
Je passais ainsi de l’antiquité au moyen-âge, du moyen-àge à la  renaissance, de la renaissance au baroque, du baroque au  moderne,  du moderne au contemporain.  
 
 Rome a tout gardé!   Et moi j’étais tout simplement insatiable.
Que de temples j’ai visité aussi !  Je ne parle pas seulement des grandes basiliques comme Santa Maria Maggiore, San Paolo fuori le mura, San Giovanni in Laterano, San Pietro,  mais d’autres petits bijoux d’architecture comme  Santa Maria in  Aracoeli,
Saint Louis des Français, le Gesù, Santa Cecilia in Trastevere. Chaque monument me racontait son histoire et me montrait ses trésors architecturaux et sculpturaux. 
 
J’étais venu à Rome pour étudier  l’histoire et Rome l’étalait sous mes yeux dans chaque rue, sur chaque mur, sur chaque monument, dans chaque temple ou dans chaque  église.
Je me souviendrai toujours de deux visites que je fis aux  catacombes de San Callisto et de San Sebastiano : il y avait là toute la tragédie des premiers chrétiens et des martyres du christianisme,  obligés de vivre dans l’ombre pour pouvoir exprimer leur foi.
 
Il va sans dire que mes visites au Vatican  furent très frequentes aussi,  soit  pour assister aux cérémonies religieuses, toujours d’une grande  solennité, soit pour visiter ses musées, ou encore pour  admirer la Chapelle Sixtine et les Chambres de Raffaello.
 
Voilà en bref quelques souvenirs, car il faudrait écrire un livre pour parler de cette ville où sont inscrites plus de vingt siècles d'histoire.
 
 
Routardix




1 Commentaire :

Commentaire écrit le mercredi 7 avril 2004 à 11:08:24 (lien)
Lilianne
salut ! ton site m'a passioné !
@+
Lili


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Jeudi 1 mai 2003
Vers le promontoire du Gargano
 
 
En 1939,1940 les voyages étaient réservés aux classes sociales à l'aise.  Les gens simples se déplaçaient seulement en cas de nécessité ou pour visiter la parentée dans les villages voisins.
Il y avait aussi une tradition parmi les gens du peuple et c'était la tradition des pelèrinages.  En général les gens se déplaçaient pendant une journée pour aller en pelèrinage dans les sanctuaires de la région, mais rarement ils se déplaçaient au loin.
 
 
 
Grotte S.Michel
 
 
Dans ma région isolée du Molise le pelèrinage fut pendant des siècles l'expression d'une foi vivante.  Les croyants assouvissaient dans le pelèrinage leur besoin d'expiation et de supplication.  Tout
jeune j'ai expérimenté cette démarche, bien que pour moi elle fut
surtout l'occasion d'un voyage.  Je vous raconte l'événement.
 
Je me souviens que sept ou huit dâmes faisaient parti du groupe,
et bien sûr ma mère laquelle voulut m'associer à sa démarche. Pendant quelques jours le groupe chercha un moyen de transport et le choix se porta sur un charriot tiré par des boeufs.  Cela devait nous permettre de temps en temps de s'assoir à tour de rôle sur le charriot et nous reposer les jambes de la longue marche(110-120 km.)
 
Un beau matin de printemps, le groupe, guidé par le charretier, entreprit le voyage en direction de Monte Sant'Angelo, dans le massif du Gargano.  Chacun n'avait que le linge sur le dos, quelques lires italiennes en poche et un balluchon rempli de légumineuses séchées.  On traversa les collines, les plaines et les villages en chantant et priant à haute voix.  Chaque soir un villageois nous offrait le refuge pour la nuit.  Nous dormions heureux sur la paille qui nous était accordée et repartions le lendemanin vers notre déstination.
 
La dernière journée ce fut l'ascension de la montagne qui domine à pic le golf de Manfredonia.  Enfin le sanctuaire, un sanctuaire pas comme les autres!  Une fois traversé une barrière, nous engoufrâmes dans le ventre de la terre, marche après marche.
Certaines femmes avançaient à genou, nullement découragées des sept longues journées de marche, jusqu'au moment nous nous retrouvâmes dans une cathédrale à même la grotte,éclairée seulement par des lampes à l'huile et des centaines de cierges.  
 
Ce fut l'explosion de toutes les émotions pour ces femmes, avec des cantiques , des prières et des larmes.
Elles venaient toutes de réaliser le voeu qu'elles portaient dans leurs coeurs.  Et moi je venais d'explorer un coin merveilleux du sud de la péninsule.
 
 
 
Sanctuaire S. Michel
 
Routardix
 



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